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mercredi, 26 mars 2008

Ne me quitte pas…

1464429699.JPGHier, j’étais un peu énervée. C’était la veille de ton conseil de classe. Le trimestre dernier, tu étais en tête de classe mais tu n’as pas eu les félicitations. Pour la 1ère fois. J’en ai fait un drame parce que ça m’a choquée. Je suis parent délégué, et je ne m’attendais pas à une telle levée de boucliers contre mon Nabil, si sage, si studieux, si fort, si mûr. Trois fois félicité l’année dernière. Le concert de tes profs, le verdict implacable : « Trop bavard ».
Quoi, mon Nabil, bavard ?!?
Bon, passé le choc, et l’énervement, je t’ai parlé. On s’est entendu, tous les deux. Sans heurt. Tu m’as promis que, et puis voilà, je t’ai cru, je t’ai laissé faire….
Et puis, hier, à la veille du second conseil de classe, j’étais un peu stressée. J’avais peur pour toi. J’ai un peu crié mais j’ai vite regretté et je suis passée te voir dans ta chambre. Je voulais t’embrasser et te rassurer avant que tu ne t’endormes.
J’ai entendu ta voix ;
- Tu parles avec quelqu’un, Nabil ?
- Oui  je suis au téléphone…
- Excuses-moi… Bonne nuit…
Je suis sortie doucement, étonnée de t’avoir vu sous ta couverture, parler si tard au téléphone, dans le noir…
- C’était ma mère… heureusement, si c’était mon père, il m’aurait battu…
Je m’immobilise, frappée par la dureté de cette phrase. Tétanisée…
Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes mon petit garçon ? Ton père ? Battu ? A qui tu parles ? De quoi ?
Je n’arrive plus à bouger. J’ai du mal à respirer… Je tends l’oreille. C’est mal de t’écouter parler à je ne sais qui mais je ne peux plus bouger. J’ai mal à la poitrine.
- L’autre jour, mon père m’a tellement frappé que j’ai reçu un coup dans mes parties. Après, j’ai pissé du sang et du sperme !
Qu’est-ce que c’est que cette histoire Nabil, ton père ne t’a jamais frappé !?! Je ne comprends plus. Je cours dans notre chambre, referme la porte derrière moi : « Tu as frappé Nabil ? Ne mens pas, il vient de le dire au téléphone à une amie. Il a eu du sang… » Ca dégénère. Je n’écoute même pas les réponses. J’ai besoin d’un coupable. Et c’est toi, petit mari, pacifique et adorable mari qui démêle les cheveux de la petite, qui te lève la nuit pour donner le biberon, qui change la couche des bébés, qui fait la vaisselle quand nos bonnes se barrent, c’est toi le monstre sanguinaire armé d’une ceinture qui bat mes enfants derrière mon dos.
Bagarre de merde !
Je me dis que c’est certainement à cause de la multiplication de ce genre de scènes que certains couples pètent. Je bats en retraite et retourne tendre minablement l’oreille derrière ta porte, la porte de mon ex-bébé qui grandit, qui me quitte déjà. J’ai trop mal. Je sens que c’est fini, que ce téléphone signe la fin de quelque chose…
C’est dur, Mimi.
- Tu vas me dire qui c’est ?
- …
- Et me donner un indice ? Est-ce qu’elle est dans ma classe ?
- …
- Si tu mens je vais me suicider. Tu sais, j’en suis capable, l’autre jour, j’ai voulu le faire, j’ai regardé par-dessus la rampe et je me suis dit que ce n’était pas assez haut. Puis, que j’allais faire trop de mal autour de moi mais j’ai failli le faire…
Mais qui c’est cette pute de merde qui parle à mon bébé et lui laisse entendre qu’il y a une fille qui est amoureuse de lui mais dont elle ne veut pas lui dire le nom !!!
Je suis effondrée. Dimanche, tu m’as piqué une petite crise : « Je n’ai pas d’amis, pas de vrais amis, les autres se moquent de moi, de ma manière de m’habiller, de me coiffer » Je t’ai consolé comme j’ai pu en insultant ces connards qui apprennent à leurs enfants déjà le culte de l’apparence, du gamin voyou. J’ai insulté tous ces connards de parents qui lâchent leurs gosses.
- Quoi, toi tu étais amoureuse de moi l’année dernière ? Et tu ne m’as rien dit ? Pourtant, t’es pas timide, bordel… !
- …
- Non, j’en ai rien à faire de ce que les autres pensent de ma manière de m’habiller et je vais pas mettre du gel dans mes cheveux tous les jours. Je m’aime comme je suis…
Mais c’est qu’elle en train d’en remettre une couche cette salope de Bouabdelli. Ca y est, je sais qui c’est maintenant. Une petite qui s’est retrouvée à poil avec deux mecs de sa classe cette année. Tous les parents (normaux) en ont parlé. Cette histoire a fait le tour du lycée. A peine 12 ans. Elle fait des concours avec sa petite bande de traînées comme elle, elles chronomètrent les baisers avec les garçons, sèment la zizanie entre des copains d’enfance, des pétasse déjà bien entraînées. Je croyais que tu ne lui parlais plus…
Des dizaines d’images défilent : tu as 8 mois et je te traîne derrière moi, dans une petite luge bleue… tu viens de naître et tu t’endors en me tétant, je m’endors aussi, ta bouche glisse mais tu continues à aspirer ma peau, je me réveille avec un bleu énorme sur le sein, je suis émerveillée… je te porte sur mon dos, dans ta chaise et je t’emmène prendre ton premier bain de mer… ton premier jour d’école… je suis seule avec toi.
Je te consacre chaque seconde de ma vie, sans pitié. Rien ne doit venir gâcher ce qui me lie à toi. Tu perds ton papa. A deux mois à peine, tu n’as plus que moi. Et tellement de choses que nous partageons…
Il vient me chercher dans la chambre de la petite où j’ai trouvé refuge : je ne peux plus parler. Il sait et se contente de me tendre la main : « Viens ! »
Merci mon petit mari mais c’est trop tard.
J’ai peur. La peine et la crainte s’installent, s’immiscent, me pénètrent et j’accepte ce viol sans réagir.
Je vous déteste tous. C’est ça ! C’est ça les enfants ! On leur donne tout et après ils nous font passer pour des merdes ! Des parents criminels qui battent leurs enfants ! C’est fini. Je ne vais plus me préoccuper de vous ! Je vais vivre ma vie. Sortir, voyager…
Je suis révoltée. Je n’accepte pas !
Je suis triste. Nabil, mon bébé, je t’aime plus que tout. Il n’y a pas un instant de ma vie où je pense à vous. Chacun de mes gestes, je le fais pour vous. Ma force de continuer, je la puise en vous, dans l’amour infini que je vous porte.
Je m’endors, épuisée.
Le matin, au réveil, je suis sans forces.
Je te parle, t’avoue que j’ai surpris des phrases. J’ai besoin que tu me rassures. Tu t’effondres dans mes bras : « Maman, je te jure que je plaisantais. »
La matinée passe, sans âme. Omar m’a tué…
A midi, je craque. Les larmes jaillissent alors que j’ouvre la porte de la maison. Je me jette sur le premier canapé. Je pleure sans bruit mais tu as entendu.
Tu sais qu’il se passe quelque chose et tu quittes la table pour me prendre dans tes bras. Toi aussi, tu pleures…
Nous restons ainsi longtemps, dans les bras l’un de l’autre. Tu me rassures : « maman, je t’aime plus que tout. Tu es tout pour moi. Ce matin, je n’ai pas arrêté de penser à toi. Je suis triste de t’avoir fait de la peine ». On se promet d’oublier, que tout ça ce n’est rien. Tu me promets de ne jamais te faire de mal…
L’après-midi, je me rends au lycée le cœur lourd. Maintenant, les « félicitations », je m’en fous. Je me dis que tu as de super notes, que tu travailles bien, alors ce n’est pas grave si tu bavardes un peu, si tu essaies peut-être ainsi de te mettre au diapason, de ne pas être super « parfait », d’être comme les autres, un enfant qui grandit, qui se découvre, qui se cherche encore… Je t’aime et j’ai juste peur de mal réagir, de trop t’en demander…
« Nabil B., excellent trimestre, félicitations » Ta prof de latin s’insurge : « Oui, mais tout de même, parfois il répond comme s’il était le seul élève de la classe ! » Aucun prof ne relève sa remarque. « Je t’emmerde connasse d’option de merde. L’année prochaine, je lui enlève le latin et tu vas réciter tes « post tenebras lux » ailleurs. Ton cours, c’est de la merde. Les gosses tu les dégoûtes alors que tu n’es qu’une ‘option’ et que tu devrais tout faire pour qu’ils continuent à la prendre ta langue morte de mes deux ! » Ma propre violence intérieure me tue mais je ne peux m’empêcher de sortir les griffes. Si un seul prof s’y oppose, pas de « félicitations ». Et je vois déjà mon ange effondré de m’avoir fait du mal même si j’ai bien pris la précaution de lui dire, avant le conseil, que je ne lui en voudrais pas.
J’ai peur de me tromper. Je vous protège trop. Pire encore, peut-être qu’à trop vous aimer, je vous aime mal. Peut-être qu’à trop me priver de vivre pour être le plus possible près de vous, je vous étouffe.
Et aujourd’hui, me voilà moi qui étouffe de peine, de peur de mal vous accompagner vers cette période de merde d’adolescence que je déteste.
Dont je me souviens de presque chaque jour…
J’étais si lucide, je vous en supplie, soyez-le aussi.
Ne me quittez pas comme ça.

jeudi, 13 mars 2008

Les diamants sont éternels

922640507.JPGMhamsa, Pizza, Pâtes sauce tomate + Dinde grillée. Voilà pour le menu de ce soir. J’étais épuisée. Hier nuit blanche à travailler sur un dossier. Les gosses hurlent. Les pâtes partent dans tous les sens. Mon petit plouc, Mourad, renverse du yogourt sur le carrelage. Sale époux essaie tant bien que mal de me calmer au téléphone : « J’arrive dans une demi-heure, essaie de tenir jusque là ». La grande tape inlassablement des pieds sous la table. Je donne un coup de pied à Nabil (ça fait 10 fois que je leur demande d’arrêter) qui hurle : « Arrête maman, c’est pas moi ». Je me confonds en excuses. La pizza est piquante : « Maman on arrive pas à manger, c’est trop piquant ». (Meeeeeeeeeeeeerde !!!!) « C’est pas grave les enfants, il y a de la dinde et des pâtes ». « Mais moi maman j’ai mal au ventre. Papy m’a donné des biscuits au bureau… ». Je suis déjà ailleurs : « Nabiiiiiiiiil, tu as vu la taille de tes ongles. T’as plus qu’à passer une couche de vernis. Mais ça ne va pas non ?!? Ca fait 4 jours que je te demande de le faire ». Ca y est, je pète un câble : « Wou’Allah, si demain matin ils ne sont pas coupés, je te fais une tête au carré. Tu vas regretter d’être né. »

« Eh, Oh, elle est où la p’tite. Sofiaaaaa ! Sofiaaaaaaaaaa ! Nabil, va chercher tout de suite Sofia et dis lui que si elle ne revient pas de suite se remettre à table, ça ira mal pour ses fesses ! »

La petite revient, innocemment dépitée : « Mais kes ki ya maman ? »

Je la fusille du regard : « J’ai dit un million de milliards de fois qu’on ne quitte paaaaaaaas la table sauf quand maman dit que tout le monde peut aller se laver les mains. »

- mais, j’ai pas quitté la table, m’man (j’adore quand elle dit m’man), j’ai re-gar-dé la té-lé. Elle pèse bien sur les syllabes pour me faire comprendre que je suis un peu demeurée de ne pas avoir percuté la nuance tout de suite…

La porte sonne. MON SAUVEUR !

Je vais lui passer le relais et me casser pour me reposer un peu dans ma chambre.

« Salut ma chérie ! » Il pose son cartable. « Ca va les enfants ? ». L’atmosphère est électrique.

« Tiens, choisis ce que tu veux, je te l’achète ! » Il me tend le catalogue Armani Printemps Eté 2008.

J’en reviens pas (c’est pas du tout son genre).

Là, dans la cuisine ?

Je feuillette la brochure : « Alors ? »

« C’est magnifique mais trop nu. In-mettable à Tunis »

« La, mala mouch lezim » (il est hyper réactif)

Bon… Je suis décue mais déjà plus calme que précédemment.

Il doit le sentir puisqu’il me sourit en me tendant un beau sac noir griffée Armani. J’ouvre. Un crime.

Entre les restes de fusilli aux tomates, le qchour des oranges, les miettes de pain, le yogourt renversé (aussi sur la table), etc.

Je suis sur le toit du monde. Je suis nue mais je n’ai pas froid. Il sort d’une grotte triomphant en me tendant cette pierre qui brille comme une étoile. Si fort, que j’en ferme les yeux. Diamonds. Le dernier bijou parfumé Armani.

Délicieux dessert…

dimanche, 09 mars 2008

Siouper starrr ! (bis repetita)

115645284.JPGHier soir, re-soirée de folie avec Ragheb Alama. J’ai été au Casino où la star s’est produite. La salle est magnifique. Super kitsh : toutes les 5 minutes, on se demande si Cléopâtre ne va pas débarquer en disant : « Vous n’auriez pas vu César par hasard ? »
Emplacement génial, carré VIP… où j'ai rencontré Massir en super forme (tbark'Allah)...
Il était un peu moins en forme que la veille à mon Club, mais c’était quand même génial. On a terminé la soirée à 5h. du mat !!!
Du coup, ce matin, j’ai donné le biberon des deux petits mais je ne sais plus comment exactement. Je me souviens juste que, avant de re-sombrer, j’ai crié, crié… « Faïza », pour qu’elle vienne : « 3ychik, Faïza, nhib nor9od chouwaya… ». En français : « Prends les enfants et cassez-vous ! »
Ca fait mère indigne mais bon tous les dimanches, on se réveille à 7h. avec eux, alors si une fois, on dort une heure de plus, ce n’est pas grave. D’ailleurs, après, on les a emmené faire du cheval…
….
Là, je viens de mentir : IL les a emmené faire du cheval, j’ai encore dormi un peu. J’ai pris le relais plus tard, pendant que SES copains et lui buvaient des bières et mangeaient des pizzas et des cacahuètes dans NOTRE chambre en regardant le match ESS-EST !
PS: Je n'ai pas pris de photos (pas inspirée, alors j'en mets une autre prise au Club)

22:41 Publié dans V.I.P. | Lien permanent | Commentaires (3)

Gratte, gratte ma guitare…

Festival Méditerranéen de la GuitareC’est reparti pour un tour. Mon ami Hichem Hemrit récidive avec une cinquième édition du Festival Méditerranéen de la Guitare qui se déroulera du 21 au 26 de mois. Le Théâtre municipal de Tunis et le Centre culturel de El Menzah 6 vibreront sur les accords des jeunes talents tunisiens, révélés par les Accor de guitare 2008, et celles de pointures telles que le trio Django Reinhardt.
Le « Plus » : des Master Class qui se dérouleront au Mercure (Mechtel).
Un rendez-vous musical qui s’inscrit dans la durée et devient un incontournable de la vie culturelle tunisienne.

22:19 Publié dans V.I.P. | Lien permanent | Commentaires (4)

samedi, 08 mars 2008

Siouper starrrr : Soirée de folie avec Ragheb Alama !

Ragheb Alama
Hier, j’ai commis plusieurs délits simultanés :
- Abandon de domicile conjugal.
- Oubli de mari et enfants : je n’ai même pas téléphoné pour savoir s’ils avaient bien mangé, bien lavé leurs petites fesses, bien brossé leurs dents mais n’oubliez pas que Lamia veut le dentifrice rose et Mourad celui avec un croco, bien mis leur pyjama mais attention n’oubliez pas que Sofia ne veut plus mettre le haut alors mettez lui un tee shirt sur son tricot de corps, et est-ce qu’ils dorment, et est-ce qu’ils ont fait un p’tit pipi avant d’aller au lit ?... Non, même pas un petit coup de fil.
- Oubli de chargement de batterie (de mon mobile, bien sûr, parce que mes batteries à moi, elles se sont rechargées toutes seules quand j'ai retrouvé mes copines) : En plus, je n’avais plus de batterie !
- Port de robe hyper décolletée.
- Danse avec les louves : soirée 100 % femmes…
- Finir la soirée au restaurant La Falaise avec mes copines : crevettes, frites et champagne…
- Dodo sans démaquillage pour bien montrer, le matin en me réveillant, que :

NON, JE NE ME SENS PAS COUPABLE !

Et pour cause, avec Ragheb Alama, c’était super chaud. On a dansé comme des folles. On a rit comme des gamines ! C’était absolu(te)ment génial.
Oui, on avait aussi un petit, mais un tout petit, coup dans le nez, et ça nous a fait poussé les ailes... Et lui, adorable, a accepté de prendre des photos avec tout le monde.
C’est moi, bien sûr, qui jouait à la photographe.
Puis est venu mon tour : « Ah, si toutes les journalistes* pouvaient te ressembler ». Comme quoi, il a su apprécier mes mots fins…

*Ah, oui, au fait, je ne vous ai pas dit : j’ai changé de job, j’ai laissé tomber la robe. Ce qui ne veut pas dire que je me balade à poil. Mais le barreau pour moi, c’est fini. Avocate, c’est terminé ! Je suis devenue journaliste. Je l’étais déjà en même temps que avocate mais là, c’est fini, j’ai tout laissé tombé pour me consacrer à l’écriture. Voilà, c’est tout, ça fait deux ans presque que j’ai pris la décision, en même temps que je commençais le blog. Je suis très heureuse comme ça.

18:04 Publié dans V.I.P. | Lien permanent | Commentaires (4)

mercredi, 05 mars 2008

Le jour de blog est arrivé…

1680666252.gifJ’ai eu 360 visites ce mois-ci. Des inconnus qui ont frappé à ma porte sans me trouver : « Il n’y a plus personne à l’adresse demandée… »

En revenant sur les ruines de mon blog, j’ai eu mal au cœur. Parce que j’y pense tout le temps : je pense à mes amis que je ne connais que par les mots mais qui ont pris tellement de place dans ma vie et dans mon cœur, je pense à ces mots lâchés sur le Web qui sont une partie de moi…

Mon idée, en me lançant dans l’aventure, était de laisser une trace de moi pour mes enfants. C’est le côté obscur du scorpion : une vie que l’idée de mort ne quitte jamais.

Peur de mourir et envie de mourir.

Je les regarde, je les touche, je les embrasse et en faisant cela je pense systématiquement au jour où je ne serai plus là. Je n’arrive pas à m’en empêcher.

Voilà, ça y est, merde !

Je chiale…

C’est ça qui fait chier avec ce blog. C’est le seul endroit au monde où je peux venir pleurer. Quels sont les bras où je peux me réfugier ? Il n’y en a pas.

Quand vous êtes trop « grande » pour aller dans les bras de maman, quand vous avez un gentil mari mais que vous n’avez pas envie de le faire chier avec vos états d’âmes, quand vous avez des enfants et que vous sentez que vous n’avez pas le droit de lâcher prise pour ne pas les effrayer (un enfant qui a peur pour sa maman, c’est un gouffre de douleur…), il n’y plus personne pour vous consoler.

Il faut tenir, tenir, tenir…

Donc, je voulais que mes enfants retrouvent des traces de ma vie. J’ai toujours voulu tenir un carnet intime, sans jamais le faire. Mon blog, c’était un peu ça.

Il faut donc que je revienne, pour eux mais aussi pour vous, mes amis qui me manquez : re-bonjour…

dimanche, 26 novembre 2006

OOO...

1363303522.2.jpgAprès un été plutôt mouvementé, pour changer, je m’étais dit que je réintègrerai mon blog dès que je serai prête.

Alors, il y a eu :

- la rentrée (les rentrées...)

- le ramadan

- suivi presque aussitôt de l’Aïd

- le boulot

- les entrées en scène et sorties tout aussi rapides de nouvelles femmes de ménages (inyaindin erratssa el kelba...)

-...

Et puis, la semaine dernière : le déclic !

Voilà, j’avais envie de nouveau d’écrire. Alors je pond un premier « coucou, me revoilou »... et plus rien.

Je viens de passer la pire semaine de ma vie (c’est sérieux les gars) depuis la fac. Je n’ai pas pu lever la tête deux secondes. Même Mourad, qui n’a que 10 ans, m’a dit : « Maman, stp, prends juste un jour pour toi » « Mais je ne peux pas encore mon chéri... »

Donc désolée pour cette « fausse » entrée en scène mais là je suis encore OOO*. C’est même pas que je n’ai pas le temps d’écrire mais trop de stress tue l’inspiration et plutôt que d’écrire des banalités comme celles que je viens d’écrire, je préfère me retirer encore quelque temps.

@+

*Out Of Order

PS : Vous me manquez quand même énormément...

PS bis : En plus, je viens de lire vos commentaires suite à mon dernier post... A quand un « vrai » demande « pure honey... ben pas tout de suite, j’ai la libido dans les talons...

mardi, 14 novembre 2006

Absolute II - Le retour

Hou... hou...medium_desert.2.jpg

Y’a quelqu’un ?

...

...

Heu, c’est moi, les mecs!!

J’ai dit : C’EST MOI !!!

(Applause)

(Laugh)

(Applause)

Voilà, merci…

samedi, 01 juillet 2006

Ce n’est qu’un au revoir !

Ca y est !

Ce fut épique mais nous partons. A Hammamet : pour deux mois.

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Ce blog va faire un gros dodo (à moins que…)

DONC SOULEF NE T’INQUIETE PAS !!!

Si vous voyez une super blonde hyper sexy sur le plage du Sindbad en train de s’agiter dans tous les sens « Lamia, viens mettre de la crème solaire. Fabienne, stp, mets Mourad dans la petite piscine portable. Où est Nabil ? Sofia, n’oublie pas tes sandales ! Chéri, stp tu peux me passer le biberon d’eau ? Attends, où j’ai foutu ma casquette. Merde, j’ai oublié les brassards de Sofia à la maison. Heu, chéri, ça t’embêterait de… »

Appelez Absolute. Je risque de me retourner en disant : Oui ?

lundi, 26 juin 2006

Absolute au pays des merveilles

J’ai ouvert une porte. Aujourd’hui, j’ai ouvert une porte avec la petite clé et elle n’est pas tombée. Je ne l’ai pas tâchée du sang impur des cadavres jonchant l’espace à moi découvert. Barbe Bleue n’est pas venu me menacer. Anne, ma sœur Anne, ils n’ont rien vu venir.

medium_alice01.jpgPour la simple raison que je n’ai pas crocheté une porte qui donnait sur une pièce sombre et confinée mais une porte qui s’ouvrait sur l’infini et la lumière.

Petite porte cachée, je t’ai cherchée partout. J’ai bu l’élixir d’Alice, celui qui rend toute petite, et je me suis mise à ta taille. Mais je n’ai pas pu t’ouvrir car je n’avais pas la clé posée sur la grande table, tout là haut. Alors j’ai dû manger le biscuit qui fait grandir et je suis devenue plus haute que la table, plus haut, plus haut, encore plus haut.

J’ai quitté le bas où mes ailes de géantes m’empêchaient de marcher. Et j’ai volé la clé. J’ai rebu de l’élixir qui rend toute petite et je me suis faite petite. Si petite, que je suis devenue invisible. Si invisible, que j’ai brisé mes chaînes. Je suis enfin libre. Libre de circuler dans la jungle sans que les fauves sentent ma présence.

Je suis entrée sous le tunnel. J’avais un peu peur. Je frémissais doucement comme un peu avant la fièvre.medium_alice02.jpg

Libre, libre, je suis libre d’aller où je veux. De lire, de savoir, de connaître, de comparer, d’entendre, d’écouter, de toucher, de sentir, de papillonner, de butiner… Je me suis souhaité un « joyeux non anniversaire ».

J’ai vu les fleurs qui parlent. J’ai vu les cartes se battrent. La reine de cœur et ses valets. Le roi de pique qui pique mon cœur. Le lapin en retard d’une vie. Les vies volées. Les voix voilées. Les voies coupées.

Que jamais je ne me réveille.

Que jamais le roi et la reine n’ordonnent : « Qu’on lui coupe la tête ! »

23:00 Publié dans Non sense | Lien permanent | Commentaires (16)

Je suis verte !

Coucou les filles ! J’ai été invitée à la soirée de lancement du nouveau savon Dove fraîcheur verte.

medium_dove.jpgJ’ai été (a)cueillie par 6 hommes à moitié nus. Autour de la taille, un simple paréo vert comme le savon Dove (pour agrandir l'image, mettez la main où vous voulez et cliquez fort!).

Autour de la tête, quelques branches feuillues (du coup, j’ai trouvé le mot « feuillu » très sexy). Ah, oui, j’allais oublier : les feuilles étaient vertes aussi.

Autour du cou (heu, merde, je viens de me rendre compte que j’avais écrit « cou » avec un « p » à la fin, quel lapsus !), un collier fluo, vert.

On nous a servi des boissons vertes et des canapés verts : c’est sérieux, je ne plaisante pas. Tout était aux épinards.

D’habitude, j’adore.

Mais, là… A la fin, j’avais un peu de mal.

Surtout qu’ils ont terminé avec des gâteaux verts, à la pistache.

Beurk !

D’habitude, je ne mange que ça...

Mais bon, là, ça commençait à bien faire.

Conclusion : Je trouve que la nana qui a organisé tout ça et qui a cru bien faire en foutant du vert partout, aurait dû préciser sur l’invitation qu’il fallait être habillé en vert.

Ca aurait été plus drôle parce qu’on aurait toutes (y’avait que des nanas à part les beaux éphèbes bronzées de l’entrée et les photographes) fini par dégueuler.

Et j’aurai ri comme une dingue.

Comme le jour où un copain qui faisait le trajet avec moi Fribourg-Genève a dit au serveur du restaurant : « Mais c’est de la gerbolade que vous nous avez servi !».

A part ça, le savon en question sent super bon… PS : Toute la soirée, je n’arrêtais pas de chanter une chanson qu’Angélique, la maîtresse de Nabil, leur avait appris au CE2 : « Je suis vert, vert, vert / Je suis vert de colère / Contre ces pauv’typ’s / Qui bousillent la terre » Nanani nanana…

 

00:15 Publié dans V.I.P. | Lien permanent | Commentaires (19)

vendredi, 23 juin 2006

Ciel, mon mari !

Avant-hier soir, j’étais assise exactement dans la même position que maintenant. C’était juste deux jours après l’anniversaire de « sale époux » (pour ne pas vous embrouiller, je précise que « sale époux » et Mimi fêtent leur anniversaire à 24 h. d’intervalle) qui était en vadrouille en Allemagne avec d’autres fous de foot.

Je voulais écrire un texte qui commençait par :

« Salop ! »

et qui devait finir par quelque chose du genre :

« Tu me manques amoureusement »

Surtout le soir, quand tu n’es pas là pour m’aider à doucher les petits, à donner les biberons des deux derniers, à prendre Mourad parce qu’il pleure pour un dernier rototo pendant que Sofia supplie inlassablement, depuis son petit lit : « maman, maman, maman… » même si je hurle de l’autre côté de la maison que : « ouiiiiiiiiiiiiiii, j’arrive ma chérie !!! »

Surtout le soir quand, après avoir couché tout ce beau monde, posé un coca bien glacé sur la table de nuit, mon paquet de clopes, le briquet (que j’ai mis 10 minutes à trouver au fond de mon sac), que j’ai mis mon portable à charger non sans avoir coupé la sonnerie, que j’ai enfin posé mon cul sur le lit et attrapé la télécommande, que je viens d’allumer ma clope, et que Lamia pointe le bout de son nez à la porte en disant : « maman, y’a Sofia qui arrête pas de chanter, j’arrive pas à dormir » et qu’alors que je n’ai même pas eu le temps de lui répondre, voilà Nabil qui se la radine aussi et qui me dis : « maman, y’a un truc qui me fait mal dans le dos, est-ce que tu peux regarder et après venir me couvrir et j’aimerais bien un verre de lait » et Lamia qui en rajoute une couche : « moi aussi maman, j’aimerais bien un verre de lait avec une cuillère de miel et une cuillère de sucre (ça fait trois ans que je lui fais croire que je mets les deux mais en fait je ne mets que du miel) »

Surtout la nuit, quand je dors, et qu’ils me réveillent chacun à leur tour et que je me recouche, et me rendors et me réveille, et me recouche et me rendors et me réveille… alors que, d’habitude, une fois sur deux, je fais semblant de dormir et c'est toi qui tu te réveilles aussi pour aller les voir.

Surtout la nuit, quand Lamia vient pleurer dans mon lit que tu lui manques et que nous unissons le vide que tu as laissé et que nous sommes là, tes deux femmes, à souffrir de ton absence.

Bref, j’allais écrire tout ça lorsque la porte du bureau s’est ouverte. J’ai senti une ombre traverser la pièce. J’ai immédiatement su que c’était lui. Pourtant, je le partage avec du monde ce bureau !medium_lebaiser.JPG

J’ai immédiatement su que c’était toi et j’ai levé les mains juste à temps pour cueillir ton visage qui se penchait sur le mien. J’ai attrapé ta tête qui est venue se loger entre mes doigts. Je t’ai serré fort. Toi aussi. Tu as serré tes doigts sur les miens. On ne s’est pas parlé. Nos cœurs battaient à tout rompre. Nous avions du mal à ne pas pleurer. Tes yeux brillaient, les miens aussi. Alors, on s’est mis à rire comme des fous. Des fous d’amour.

Le vide s’est instantanément comblé.

Et, le soir, je me suis barrée en te laissant les enfants. Ca t'apprendra à rentrer trois jours plus tôt que prévu...

Je t’aime, chéri ;-)

mercredi, 21 juin 2006

El bourtablou wa'dinya Meziana

Je vous l’ai dit dimanche dernier, en plein crise existentielle, mais vous n’avez pas dû le remarquer tant vous étiez à la fois excités de me revoir et tristes de me revoir dans cet état-là. C’est pourquoi, maintenant que je vais mieux (ce n’est pas vrai mais on va faire comme si c’était vrai), je vous le répète. Et ce, même si au fond je sais que vous n’en avez rien à f… Petite parenthèse : en temps normal, j’aurai dit « j’en ai rien à foutre ». Quand je déprime, je n’arrive plus à dire de gros mots. La peine me polit comme la pierre frappée par les remous et l’incessant ressac, et dont les pointes, usées par le temps et l’eau devenus plus tranchants qu’elles, s’en trouvent de moins en moins acérées.

Bref, tout ça pour dire que j’ai offert un portable à Mimi pour son anniversaire.

Cette année, pour la première fois, ce gémeau descendant de moi et dont j’ignore l’ascendant mais dont le père s’est barré alors qu’il avait un mois, a été mis au banc de touche par tous ses copains.

Avec son maître, on s’est quand même creusé la tête plusieurs fois pour comprendre les raisons de cette mise à l’écart qui s’est manifestée de manière assez violente par ses anciens « meilleures » amis.

Voici les raisons que nous avons imaginées :

Un : Mimi est moins à l’aise en arabe qu’eux = isolement racial

Deux : Il est moins plouc. Il est mieux éduqué = eux se la jouent, un peu à l’image de leurs parents, ils se préoccupent plus de fric et de la marque de leurs vêtements alors que la préoccupation principale de Mimi est de savoir s’il va pouvoir jouer à la Game Cube au lieu de faire des gammes en arabe.

Trois : C’est le meilleur élève de la classe=j’ai fait un Agnan au lieu d’un Petit Nicolas

Quatre : Sa mère l’appelle Mimi=pourtant je fais des efforts pour arrêter

Cinq : L’enfer, c’est les autres

Mais bon, comme Mimi ne parle beaucoup, gémeau ascendant introverti, sauf pour blaguer, je nageai dans la choucroute jusqu’au jour où, au détour d’un mot lancé sans en avoir l’air, il m’a asséné LA vérité.

Eurêka ! Que n’y ai-je pensé plutôt ou plus tôt ?

Il y avait le groupe de ceux qui avaient un bourtablou (téléphone mobile pour les francophones purs et durs) et ceux qui n’en avaient point.

Un point c’est tout.

medium_bellavita.jpgLa vérité était au bout du tunnel et je n’en voyais pas la fin parce que je me suis immédiatement révoltée contre l’idée d’offrir un bourtablou à mon fils quatre mois avant son anniversaire à cause d’une bande de piafs mal élevés par leur parents à faire des différences (déjà à leurs âges) entre ceux qui en avaient et ceux qui n’en avaient pas.

J’ai donc attendu le fameux dimanche noir dont je vous cause ci-bas et où j’étais aussi bas pour acheter et offrir à mon Mimi d’amour un PUB PUB PUB Nokia PUB PUB PUB orange.

Depuis, la vie est plus belle comme je le dis en dialecte local dans le titre de ce post, reprenant par la même occasion le slogan du second opérateur mobile tunisien et le titre du film de Benini qui décrit le calvaire d’un papa et son fiston raflés par les nazis et dont le premier essaie de faire croire au second que tout baigne.

Comme quoi, on ne le répètera jamais assez : tout est relatif.

Merci Einstein.

Merci à Tunisiana : grâce à Awal, j’ai créé un numéro spécial pour Mimi.

Merci à Nokia de construire des téléphones solides et pas chers qui permettent aux mamans comme moi de ne pas couper le cordon et de rester connectées.

Merci aux parents couillons de perpétuer la race.

lundi, 19 juin 2006

Bon anniversaire mon amour

J’ai le cœur qui éclate, je voudrais tellement dormir. Je suis là pourtant. Il est trois heures du matin. La peine m’écrase. Mourad vient de tomber du lit. Le grand lit où je me suis endormie avec lui après qu’il m’eut réveillée au milieu de la nuit.

Mon corps m’a lâchée samedi. Vers midi. Tension artérielle : 9 couchée, 8 debout. Donc, impossible de me mettre debout. Après des semaines de travail acharné où je ne me suis plus donné le temps, à peine celui de grignoter, pour faire bonne figure à table. Sans sommeil, sans alimentation, il m’est devenu étranger jusqu’à ce rappel à l’ordre d’avant-hier.

Sale époux est parti lundi. Ca fait une semaine que nous vivons ce nouveau rythme où je m’occupe de vous quatre nuit et jour. En plus du rythme effréné de travail auquel je me suis astreinte. Il me manque mais j’ai réussi à ne pas me laisser envahir par ce sentiment-là au prix d’une petite lutte quotidienne. Sinon, je n’aurai pas tenu le coup. Là, à cause de la chute de ton petit corps, je suis submergée. Les digues sautent, l’eau entre de partout. Je ne retiens plus que celle qui arrive vers mes yeux. Mais jusqu’à quand. Jusqu’à ce que je parle de toi mon Mimi d’amour. Bon anniversaire chéri. Celui de cette année n’était pas fameux. Je t’ai offert un téléphone. C’est vrai et tu m’as dit que c’était le plus beau jour de ta vie. Sans papier cadeau. J’étais trop épuisée pour ça. Il y a quelques années, je passai la semaine à préparer ta fête. Je créai des invitations qui étaient de véritables œuvres d’art. Ce dimanche 18 juin, je n’ai rien fait pour toi. Même pas un gâteau.medium_Birthday.jpg

Je t’aime si fort mon poussin.

Pardon.

Ca y est, l’eau des yeux vient aussi. Je me sens si seule.

Au secours.

Des fois, je me dis pour me consoler que ça vaut la peine. Que le fait d’avoir quatre enfants, ça fout un peu le bordel. On n’a plus vraiment le temps que tout soit parfait. D’autres fois, je ne sais plus. J’ai honte de ne pas vous donner plus à chacun.

Je n’arrive plus à réfléchir. Ni à écrire.

Que vais-je faire des quatre prochaines heures.

Une fois que j’aurai posté ce papier. Retrouver ce blog enterré où des commentaires m’attendent certainement. Ceux des gens qui se posent des questions depuis ma disparition. Ceux qui s’en sont inquiété et les autres, ceux qui m’auront laissé leurs leçons de morale sur le délit d’abandon de blog.

Allez, courage, j’y vais...

vendredi, 12 mai 2006

Ultimate fight : Coiffeuse vs. Femme de ménage

40 : C’est le nombre de commentaires qui ont suivi mon dernier post « La femme de ménage ». Et ce n’est peut-être pas fini !

Contre 6 (dont 2 de moi) pour mon post « Je déteste les coiffeurs ».

Contre aussi toute attente.

Je me pose des questions. Légitimes…

Et j’essaie de trouver les réponses.

Hypothèse, thèse, synthèse, Bartez :

1)

Mon post sur les coiffeuses est passé inaperçu. J’ai du le poster à un mauvais moment. Il y a tout plein de blogueurs qui ont posté sur tn-blogs. Personne ne l’a vu passer (hum !...)

2)

L’une de ces deux professions attise moins les passions que l’autre. Ce n’est pourtant pas ce qui m’avait semblé mais j’ai le droit de me tromper. (hum !...)

3)

Y a-t-il une coiffeuse dans la salle ?

4)

Hummmm !...

 

Au fond, peu importe. En ce qui me concerne, je déteste encore plus que les coiffeuses ces femmes de ménages qui enchaînent ma destinée à leurs sautes d’humeur. Cependant, si je devais choisir entre ma femme de ménage et ma coiffeuse, y’a pas photo, je rase la coiffeuse (comme on faisait aux collabo-ratrices- à la fin de l’occupation) et je me coupe les cheveux en quatre pour ma femme de ménage, famachi tirdha alaya (en bon français, en espérant sa bénédiction).

En plus, grâce à ce post, j’ai connu Seb avec qui je me suis soûlée la gueule une partie de la journée.

La femme de ménage

Aujourd’hui, en me baladant sur le blog de Seb, j’ai été entraînée vers celui de Soulef. Et, je suis tombée sur cela : « Femme de ménage diplômée d'état Tôt le matin, elle prend le chemin de la galère, oublie sa misère qu'elle maudit, berne  son vécu avec quelques écus. La tête haute, très digne, s'acharne à nettoyer vos crasses et vos idées salaces, vos palaces ne sont  pour elle que corvée et nullement de l'épopée. On lui donne des diplômes!.. Technicienne du sol, quelle farandole ! Agent d'entretien c'est malin, ce n'est pas vos consciences plutôt  qu'on maintient ? La femme de ménage a la rage, votre diplôme comme bagage, elle n'en veut pas. Elle rêve qu'il n'y ait plus de barrages ni d'ombrage sur sa destinée un premier mai. C'est à elle que j'offre mon muguet  qui sent le bonheur d'un jour meilleur. »
Et cela m’a inspiré ceci :
Et pourquoi pas une statue à leur effigie avec comme épitaphe ceci :
A toutes les salopes…
qui viennent te pomper du fric à ne rien faire,
qui t'abandonnent au moment où tu en as le plus besoin,
qui te volent,
qui se barrent à l’aube alors que la veille elles embrassent tes enfants en jurant qu’elles les aiment tellement qu’elles ne pourraient jamais les quitter.
A ces menteuses de petits chemins,
qui cassent et cachent ce qu’elles cassent,
qui planquent ta merde et font semblant de la ranger,
qui font semblant tout court,
qui ne te montrent jamais leur vrai visage.
Quelques écus… !
Mon cul !
Les miennes sont payées une fortune et pourtant…
Pourtant,
Il y a celle qui s’est enfuie le jour de l’anniversaire de mon fils alors qu’elle avait vécu avec nous 7 ans !
Il y a celle qui s’est cassée la veille de mon accouchement !
Il y a celle qui s’est sauvée quatre jours après mon accouchement !
Il y a celle qui a planqué ses serviettes hygiéniques dans la buanderie (la poubelle était trop loin)
Il y a celle qui a failli noyer mon fils parce qu’elle a décidé d’aller nager là où il ne fallait pas
Il y a celles qui ont fait peur à mes enfants
Il y a celles qui bouffent en cachette comme si tu les laissais crever de faim
Il y a celles qui font semblant de ne pas savoir faire quelque chose alors qu’elles savent parfaitement le faire
Il y a celles qui sont parties pour deux jours et ne sont jamais revenues, toujours sans prévenir
Il y a celles qui m’ont fait croire qu’elles revenaient et qui ne sont jamais revenues
Il y a celles dont la mère est malade au bled
Il y a celles qui ont soudain un mariage au bled
Il y a celles dont le portable ne fonctionne plus, comme par hasard : fermé pour grand ménage
Et pourtant,

Toutes celles-là connaissaient ma vie, mes nuits blanches passées à travailler parce que la journée était consacrée aux enfants et aux bébés, ma gentillesse et mon attention continues avec elles.

Toutes ces filles profitaient de mes largesses : clopes, cartes téléphoniques, fringues, etc., en plus de leurs salaires mirobolants. Allez, je vous le dis : 200 dinars par tête de pipe sans compter les petits cadeaux, les pourboires et tout le reste…

Et ne me dites pas que c’est la misère qui veut ça. Quand je n’avais même plus de quoi m’acheter des clopes, quand je n’avais pas de quoi acheter de fringues à mon gosse alors que l’hiver arrivait à grand pas, quand je demandais à Caritas qu’on m’en file (des fringues et des couvertures pour le couvrir), quand je bossai comme une tarée pour payer mes études, quand j’étais au plus bas, là où je ne pouvais que crever ou me relever, quand mon père était en prison, quand ma mère ne savait pas comment elle payer son loyer : je n’ai jamais trahi, jamais menti, jamais volé !

J’ai bossé, et j’allais, portant ma misère à bout de bras, mon chemin de galère était chemin de croix. J’ai bossé partout où on voulait de moi : dans les bars et les restaurants, à la Poste, chez des gens dont je gardais les enfants, j’ai tenu des comptes, tenu des nuits et des jours sans dormir…

Bref, on s’en fout ! Alors, le brin de muguet, c’est dans leur cul que je le fourre…

Et encore, rien que pour rire un peu…

Car du muguet pour ces filles-là, même dans le cul, c’est comme une crotte d’oiseau sur le nez de la Madone.

Le beau et le laid ne s’accommodent pas…

PS : Aujourd’hui, ma nouvelle femme de ménage m’a fait remarquer qu’on fêtait l’anniversaire de la mort de Bob Marley. Ma nouvelle femme de ménage est gentille et cultivée. Quand elle trouve de l’argent, elle le rapporte immédiatement. Elle a de l’initiative. Tous les soirs, on met de la musique et on danse avec les enfants à la cuisine avant de servir le dîner.Quand elle casse quelque chose à la maison, elle vient le dire tout de suite et on rigole parce qu’elle casse tout le temps quelque chose. Mais je m’en fous. J’aime ma nouvelle femme de ménage et elle m’aime (enfin, je crois…). En tout cas, elle me le rend bien.

Ma nouvelle femme de ménage n’est pas tunisienne.

mercredi, 10 mai 2006

Je déteste les coiffeurs

Et, par extension, les coiffeuses !

Qu’est ce qu’il y a les mecs ?

Qu’est ce que vous avez à me regarder comme ça ?

J’ai dit une connerie ?!?

Y a un cobra qui fourche sa langue vers moi, juste derrière mon dos ?

Un tigre prêt à me bondir dessus pour me dévorer toute crue (lustucru) ?

Un moustique qui pète sur un arbre juste au-dessus de ma tête (ça, c’est juste pour l’image !) ?

Un scorpion qui grimpe sur ma peau nue-bronzée ?

Une Ferrari rouge conduite par Tom Cruise qui fonce sur moi à vive allure ?

Ressaisissez-vous !

Chez le coiffeur, je perdais trop de temps. En plus, j’avais l’impression d’être comme un chien dans un jeu de quilles, un éléphant dans un magasin de porcelaine, un cheveu dans la soupe, un cafard dans la cuisine, une mouche sur le morceau de viande qu’on vient de sortir du frigo pour faire un bon petit plat aux chéris qui rentrent de l’école à midi trente, un moustique sur la peau nue de bébé cadum, un chat dans la gorge, (ça va plaire à Adib tout ça)…

Toutes les bonnes femmes étaient là, super à l’aise, à discuter entre elles ou avec le coiffeur. De tout et surtout de rien : du dernier mariage de machine, celle dont le père s’est cassé l’été dernier avec la femme de son meilleur ami, avec machin, qui a des terrains au Mornag, et un hôtel à Hammamet Sud, et qui a racheté toutes les épiceries de Hay Ettadhamin pour faire une chaîne style Ed, bourré aux as mais bon c’est pas lui c’est son père mais c’est tout comme. En plus chouft, il lui a acheté la Porshe… et l’autre tu as entendu qu’à ce qu’il paraît son mari, il lui a amené l’huissier chez son amant et il a fait arrêter la mère de ses enfants et soit disant c’était un flagrant délit mais en fait c’en était pas un (?!?)… et sma3t bil visa bich ighaliw fih… (d’ailleurs Adib était là ce jour-là !)

J’écoutais et je ne savais pas quoi dire pour me rendre intéressante et trouver grâce aux yeux de ces dames. De temps en temps, l’une d’elle me regardait avec insistance : « yakhi… mouch bint flana inti ? » Avec l’air de dire : « Comment une telle mère a-t-elle pu engendrer une fille aussi couillonne que celle-là ?!? »

Le plus insupportable, c’était le coiffeur : pour me laver les cheveux et faire mon brushing, le mec mettait trois heures dans les bons jours. Il n’arrêtait pas de gesticuler. De parler. Il me séchait une mèche et voilà qu’il allait répondre au téléphone. Il revenait. Il repartait parce qu’il y avait une voiture qui klaxonnait dehors. C’était reparti pour un tour. Et voilà qu’il allait peinturlurer les cheveux d’une autre cliente.

Bref, j’en pouvais plus ! Un jour j’ai craqué et juré que je ne mettrai plus jamais les pieds chez un coiffeur sauf cas d’urgence (mariage, entretien d’embauche, rendez-vous galant…)

Deux fois par an, je prenais un peigne, traçais une grande raie bien au milieu (surtout devant) et, munie d’une bonne paire de ciseaux, je coupais 5 bons centimètres dans le tas. L’opération prenait 5 minutes, plus le séchage à l’air libre au printemps, au séchoir en hiver.

Ca ne m’a pas manqué sauf que ça me va super bien d’avoir les cheveux raides. Un jour, par hasard, je suis tombée sur le hanout de « Sleh ».

Super : en 45 minutes chrono, j’étais shampouinée, coiffée, pas un mot, pas un commentaire. Rapidité, efficacité, silence !

Je suis devenue accro. Une fois par semaine, je file me faire raidir les tifs dans le petit salon de Notre-Dame (encore un  garage qui a trouvé sa vocation).

Aujourd’hui, par exemple, je me suis pointée chez lui à 9 heures. Pour la première fois en trois ans, j’ai dû attendre. Oh, … pas longtemps… mais j’ai quand même attendu un peu.

Pour ne pas perdre un temps précieux, je me suis postée devant la porte, juste devant la vitrine en vitre, et j’ai fait quelques téléphones.

Au bout d’un temps qui m’a paru suffisant, je suis retournée dans le hanout.

Ma coiffeuse avait fait passer une cliente qui était arrivée après moi. Je me suis avancée vers elles, je les ai regardé longuement…

-         Ca ne va pas de « la » faire passer avant moi ?

-         Ah mais… désolée, Absolute. On pensait que tu téléphonais…

-         Mais vous pensiez bien (connasse) ! J’étais au téléphone ! C’est une raison ça ? Vous ne pouviez pas venir me dire que c’était mon tour ?

-         Je vous avais dit qu’elle allait fait une histoire !... (donc, en plus, ils avaient tout combiné en sachant que j’allais gueuler et ils l’ont fait quand même : fidèles fans, don’t worry, ils en ont eu pour leur porte-monnaie)

-         Aya, samahna, ya Absolute. Ma3tich in3oudou (sérieux, c’est ce que la coiffeuse m’a dit: désolée, on ne recommencera plus)

Et la cliente d’y mettre du sien : « Vous savez, ya madame, je suis arrivée à 9 heures »

Et moi, après l’avoir regardée comme si elle ressemblait à du caca de dromadaire: « Tiens ! J’en ai rien à f... que tu sois arrivée à 9h.00. T’aurais pu arriver à 8h.45, ça aurait fait pareil : J’ETAIS LA AVANT »

CQFD
Voilà, j’étais super énervée. Ils ont gâché mes précieuses petites 45 minutes à moi toute seule où je m’occupe un peu de moi toute seule.

J’aime pas les 3rkette (disputes) chez le coiffeur (je vous rassure, c’était ma première).

J’aime pas les coiffeurs (et par extension…) !

PS : Pierre Desproges aussi hait les coiffeurs. Est-ce pour cela que j’aime Pierre Desproges ?

 

Le visum

Ca y est…

Il a eu son visum pour l’Allemagne.

medium_visa.2.jpg

C’est moi-même qui l’ait accompagné à l’ambassade et qui suis ensuite aller récupérer le précieux sésame.

C’est aussi moi qui suis allée effectuer les formalités auprès de l’assurance.

C’est aussi moi qui, il y a environ 2 ou 3 mois, lui ai obtenu les billets.

J’ai fait tout ça avec une boule en plein milieu de ce qui me sert habituellement d’instrument de digestion.

Le 11 ou le 12 juin, il partira avec sa bande de joyeux lurons assister aux trois matchs de qualification.

Il se baladera entre Heidelberg et Munich. Avec ses copains. Sans moi.

Ils vont boire de la bière (des litres), rigoler (des tonnes), faire des blagues salaces (beurk !).

Se rincer les yeux en regardant les grosses allemandes (je ne parle pas des Mercedes).

Et si elles n’étaient pas si grosses que ça ?

J’ai les boules. Je ne peux pas m’en empêcher même si je lui montre rien.

Heureusement, Zakouille la fripouille sera là. Il n’a pas pu partir faute de sous.

Et vous aussi, vous serez là.

PS : Je lui ai fait signer un papier. En échange de son voyage de potaches, il s’engage à prendre 15 jours de vacances cet été. Que lui, moi et les enfants… C’est toujours ça de gagné sur l’ennemi !

mardi, 09 mai 2006

Yeassssss!!

Vilains !

Personne ne m’a plus demandé de nouvelles des escrocs de Hammamet.

Ce n’est pas grave : je vais quand même vous en donner !

Alors, par où vais-je commencer ?

D’abord, pour ceux que ça inquiète, j’ai été malade pendant une semaine : 50 millions de milliards d’aller-retour à Hammamet, pointage aux postes de police de Hammamet ville, Oued Baten, et tutti quanti à chaque fois, des heures aux téléphones avec les escrocs en question, mon samsar, diverses connaissances, pas mangé, pas boire, fumé des paquets de light et les 20 mars pas light du samsar quand j’étais en panne de clopes, cherché (et enfin trouvé) aussi comme une dingue une autre maison, etc.

Bref, pour finir, deux jours après l’incident en question dont je vous cause plus bas, j’ai fait ni une ni deux : j’ai commandé un camion, y ait embarqué tous mes meubles (bon j’exagère mais presque tous), et j’ai tout descendu dans la maison objet du litige.

medium_chat02.2.jpgQuelle ne fut leur surprise !!!

Il fallait voir la tête de cette (mauvaise) graine d’escrocs. Ils ont rappliqué à trente avec avocat et huissier notaire mais trop tard (les connards) : j’avais pris pied dans la villa avec un peu plus que deux peintres et trois bidons de peinture.

Ils ont eu beau hurler, crier, amener leurs nanas pour créer un incident (du genre, elle insulte mon mari, mon mari lui répond, l’escroc se précipite pour laver l’honneur de sa pouf, on en vient aux mains, on finit tous au poste, c’est la merde) : pour rien.

C’était sans compter le calme olympien de mon homme, le sang-froid admirable de celle qui vous cause.

Nous nous sommes cassés. Eux étaient : casssssséééééééés à mort !

On a attendu une semaine.

Ils m’ont demandé de leur faire un décompte de mes frais comme condition de mon départ de la maison : je leur ai envoyé 1172 dinars dans les dents.

Ils ont essayé de négocier (300 dinars), pour bien me montrer que minables ils étaient, minables ils resteraient. J’ai refusé.

Ils ont raqué.

Today ! Un joli chèque qui ne paiera pas les heures où j’ai délaissé travail, famille et santé, mais c’est mieux que rien… J’aurai aimé que vous soyez là pour voir la tête des mecs. Jouissif : ils tremblaient de rage en me remettant l’argent.

PS : La maison que j’ai trouvée est à deux pas de chez eux, entièrement climatisée, neuve comme un sou... neuf avec des meubles, une machine à laver le linge, un joli jardin et un barbecue en pierre.

PS : Je me suis envoyé un super panini jambon-fromage au Canari pour fêter ça ! Zakouille la Fripouille et mon mari ont pris une bière dans le restau à côté. Il faisait beau sur la terrasse. C’était super.

mercredi, 03 mai 2006

Maman, tu rentres fissa à la maison !

Ma chère maman,

Tu nous manques beaucoup. J’espère que ton voyage à Aman se passe bien. Ici, tout va pour le mieux. Enfin, presque… Une des femmes de ménage s’est barrée mais heureusement ce n’est pas Melika (la cuisinière). Les trois petits sont malades (Lamia a ramené une bronchiolite de l’école, elle l’a refilée à Sofia qui s’est dépêchée de la défausser sur Mourad) et moi aussi (j’ai mangé un truc qui n’est pas passé). Résultats des courses, je suis restée coincée à la maison tout le week-end.

Foufou est passée avec son mari pour voir le match de samedi.

C’était horrible… Je parle du match, hein, bien sûr, pas de tata Foufou.

On avait tous envie de tordre le coup de Ben Achour et Bouazizi. Comme ils sont en Egypte, on attendra leur retour. Mais bon, ça m’a fait chaud au cœur de lire l’intense désespoir dans les yeux de De Santos à la fin de la mort subite. Après tout, il n’est pas tunisien. Ca veut dire qu’il nous aime bien. C’est sympa…

Bon, à part ça, j’ai un truc hyper important à te dire.

Tu sais, les deux instructeurs danois avec lesquels tu dois aller en Syrie la semaine prochaine pour apprendre aux douaniers syriens à reconnaître une peau de panthère d’une corne de rhinocéros (au fait, l’un des rhinocéros du zoo est mort, comme l’éléphant, et un hippopotame aussi, je ne te dis pas l’état du photographe de l’éléphant, tu sais le type qui a un pola et qui tire le portrait des passants avec notre éléphant, bich imout bil ghalba miskin et tous les enfants aussi)… Pour en revenir aux danois, ben tu laisses tomber stp. Ils sont devenus de véritables cibles vivantes parce qu’un mec (au Danemark), caricaturiste, qu’ils ne connaissent même pas, a fait un dessin (très moche, mais bon…) de notre prophète (saaws) avec une bombe sur la tête et tous ses copains, par solidarité/provocation/bêtise (?) on reproduit le même dessin (en citant la source quand même, les droits d’auteur sont saufs). Il y a même des journalistes très courageux qui ont dit que c’était juste pour montrer les pièces à conviction (sic), c’est dire si eux étaient convaincus... Puis d’autres ont encore fait d’autres dessins avec le prophète (saaws) en train de tailler une bavette avec Krishna et Jésus et d’autres copains sur un nuage. Si, si, c’est complètement surréaliste mais c’est comme ça.

Du coup, il y a une poignée d’allumés qui ont brûlé l’ambassade du Danemark en Syrie. Je ne sais pas comment ils ont fait: a3jouba, quand la police est arrivée, tout avait déjà cramé ! Tu te rends compte ! Les flics, je ne sais pas ce qu’ils faisaient ce jour-là. D’habitude, quand il y a une manif, ils sont là avant même que les manifestants n’arrivent…

Imagine la tête de la pauvre Ingerlise à Tunis. Heureusement, ici, c’est le calme plat. Les autres, ils vont encore nous traiter de lopettes mais on s’en fout !

Pour en revenir aux journaux, ils ont de la chance en Europe. Qatluni! Ils peuvent écrire et dessiner ce qu’ils veulent. Enfin presque. Pas sur les juifs (à cause de l’antisémitisme), ni sur le pape (pas le nouveau, l’autre, celui qui a fait tomber le mur de Berlin mais qui reniait le port du préservatif, paix à son âme).

Mais, à part ça, par contre, ils (les courageux journalistes européens) peuvent dire qu’une femme (ils en ont trouvé une, c’est génial non ?) a eu un problème (une complication, ils ont dit) avec un chirurgien esthétique en Tunisie alors qu’au Maroc, il n’y a jamais de problème. Quotlik yammi, le Maroc c’est top niveau!!!! Le couscous, c’est le meilleur. Les caftans, ce sont les plus beaux. La céramique, c’est la meilleure. L’adsl, c’est le meilleur. Les call centers, c’est les meilleurs. Les journaux, c’est les meilleurs. Et maintenant, t’as vu, ils l’ont dit sur A2, la chirurgie esthétique, c’est mieux que chez nous aussi. D’ailleurs, finalement, c’est là-bas que je vais aller me refaire les seins, chkoun yarrif ya sidi? Au moins, ça prouve que les journalistes d’Antenne 2 sont objectifs et qu’ils effectuent de vraies enquêtes sur le terrain. Saha lihom!

Du coup, je t’informe qu’on n’a plus le droit de manger de cookies ni de se balader avec des danois. Alors, stp, tu fais ce qu’on te demande et tu rentres fissa à Tunis où on produit du bon beurre bien tunisien (surtout le Vitalait, tu te rappelles, hein maman, c’est Nicolas, le directeur de Tetra Pack lui-même qui nous avait dit que c’était les seuls qui ne coupaient pas le lait) et des biscuits, certes moins bons, mais tout à fait mangeables.

Bon maman, prends soin de toi.

Bises. Ta fille qui t’aime.

PS : Si tu vas en Syrie avec les deux danois, je te jure sur ma vie que je quitte la maison avec les enfants et je ne plaisante pas (brass laoulèd… bjeh innibi saaws, ne fais pas ta maligne comme l’autre fois au Caire avec le chauffeur de taxi islamiste qui t’a engueulée parce que tu parlais français avec Nabil et que tu as menacé de dénoncer à la police. Oui, oui, Roberta m’a tout raconté et elle était morte de trouille dans le taxi. Tu es complètement inconsciente!!!!).

 

samedi, 29 avril 2006

Ici je suis chez moi, ici je suis le roi...

Ce blog a été créé il y une semaine. Et ça part déjà dans tous les sens. C’est ce que je craignais. C’est aussi pour cette raison que j’ai mis tant de temps à me décider. Je ne sais plus quoi répondre...

Dans la mesure où je fais mes premiers pas -ce que certains ont l'air d'oublier- dans la blogospère (désolée Infinity mais c'est encore comme cela qu'elle s'appelle), tawa walit inkhaf.

J'ai peur de dire quelque chose et que ça passe pour du forumage ou du tchatage. Et si je ne réponds pas aux commentaires, j’ai le sentiment de passer pour une impolie (c’était le cas les 1ers jours où j’étais complètement tétanisée et que je n’arrivai à répondre à personne, raison pour laquelle j’ai pondu « Le désert de Kobi »). Entre mon éducation, même si je dis "cul" et "connard" (au moins je les écris en entier) et ma méconnaissance de votre monde, ma raison et mon coeur balancent...

Quid?

Et bien rien, je fais comme je veux, comme je le sens. Et ceux qui aiment venir ici, aussi !

Ici je suis chez moi, ici je suis le roi...

C’est moi qui fixe les règles du jeu. Personne d’autre.

Je n'ai pas envie de suivre celles fixées par des années d'usage du Net: dans un forum on fait comme ci, dans un blog ça doit être comme ça…

Si je suis là, c'est justement pour échapper à toutes ces contraintes et ses règles, aux carcans sociaux, à la misère intellectuelle, à la noirceur, à la méchanceté. C’est aussi pour me faire des amis virtuels et qui le resteront. Des personnes à qui j'offre le meilleur de moi-même, à qui je livre des pans de ma vie, des histoires dont ils n’auraient jamais eu connaissance autrement !

Pour moi, en agissant de la sorte, chaque blogueur fait un cadeau inestimable aux autres.

Maintenant, on ne peut pas plaire à tout le monde (je ne suis pas la seule à le dire).

Par contre, je trouve inadmissible que les gens entrent ici sans frapper, se servent et alors qu’ils pourraient repartir comme ils sont venus, se permettent de déranger la maîtresse de maison et ses amis pour dire : « wallahi Absolute, on n’aime pas venir chez toi » ou me donner des leçons sur la façon dont j’éduque mes enfants : « j’espère que tu ne parles pas comme ça devant tes enfants »

Va voir ailleurs si j’y suis… ya ko3laf (au fait, c’est quoi ce surnom de Smirnof à la con). Fech tistana, raouah !

En résumé :

Ceux qui veulent venir, marhaba.

Les autres, ceux à qui ce blog ne plaît pas, tissbah ala khir... Brobi, a3fiouni, dégagez sans m’importuner, svp, et, en passant, posez votre verre à la cuisine !

 

vendredi, 28 avril 2006

Les chiens aboient… je trépasse !

La semaine dernière, je suis allée visiter la fameuse maison de Hammamet (cf. « Vous n'auriez pas un anti-émétique pour moi? »). J’arrive vers 9h.00 du matin, avec Zakouille la Fripouille. Ils sont très sympas… les proprios. Me font visiter la villa.
Waow… Super… Parfaite… etc.
Exactement ce qu’il faut. Mais vide : pas l’ombre d’une armoire, d’un lit, … et sale.
Ok, pas grave : on s’entend sur le prix de la location et on en vient aux petits détails : pour les meubles ? Et la peinture (à Hammamet, avant toute location d’été, ils vous passent la maison à la chaux). Là, ils prennent leur petit air que je connais par cœur : « C’est-à-dire qu’on a pas d’argent, et si vous pouviez peindre vous-mêmes, ce serait sympa, et amener vos propres meubles, et la vaseline avec… ? »
- « Ah, ben non : je ne vais vous repeindre la baraque ni faire un déménagement (je n’ai plus de vaseline dans ma pharmacie) ! »
- Alors, pourquoi ne loueriez-vous pas à l’année ?
- Ahhh !!! Ahh, Ahh, Ahh… ! Nimchi ma3koum…
Là, je tilte : « Mais oui Monsieur, c’est justement mon rêve de trouver une maison à l’année !» Ca tombe bien. Tout le monde est content. Le lendemain, je reviens avec ma mère (pour avoir sa bénédiction), mon mari (pour avoir son chèque) et mes enfants (pour qu’ils soient tout contents de voir la maison dénichée par Mamounette –hé oui, je ne m’appelle Absolute que dans l’intimité de ce blog-).

Re-visite de la maison : maman donne sa bénédiction, chéri donne le chèque (une avance sur trois mois de loyer), ils me filent la clé, on va se faire (pub) une pizza à l’Angolo verde (tururut) : voilà une affaire réglée.

A 15h.00, le fils du proprio m’appelle (yn3al bou el portablouat): « Brobi, ija li’taxiphone mta3i », qu’il me dit.

Ok, je vais le voir au taxiphone. Les gosses commencent à être fatigués. Ca hurle dans la voiture. On descend : « Voilà, c’est juste pour vous dire que mon père souhaite que vous laissiez le passage derrière la maison pour aller au puit ». OK. « Ah, et puis, il faut vous dire que la facture d’eau, on la paye à trois, mon frère, vous et moi ». OK mais pas en hiver. « Et puis, on a des chiens, ça ne vous dérange pas ? ». OK

-Ok

-Ok, à la semaine prochaine…

Hier soir, j’appelle ces connards. La bonne femme : « Pas de problème, on vous attend avec vos peintres »

Le lendemain, j’arrive de Tunis la voiture chargée des peintres, de la peinture, des rouleaux, bref de tout le matos… Je rentre dans la maison. On nettoie toute la villa. On commence à peindre.

Et voilà les frères Dalton qui se la ramènent : « Okhti, samahna ama iloualid bedil fikrtou 3ddar »

- ?!?

Je vous passe les détails : la mauvaise foi (on ne vous a jamais demandé de nous laisser le chèque de caution !), les mensonges (on a peur pour vos enfants à cause des chiens), les reproches (yakhi inti chbik itsara3t, machya tichri fiddohn ou jayba idahana… ! Hé, oui).

medium_chien.4.jpg

Chaque année, à Hammamet, il y des proprios qui essaient de me baiser et chaque année je me fais b…

Là, je suis allée directement chez les flics.

Il se trouve que c’est la deuxième fois ce mois-ci que je me fais virer de chez moi. Là, j’en ai ras la patate et, c’est fini, je ne vais plus me laisser faire.

Ils ont été supers, les flics. Des hommes, des vrais. Ce n’est pas le cas de tout le monde… Suivez mon regard. Ceux que j’ai appelés à Tunis n’ont pas bougé le petit doigt ! Enfin si, ils l’ont bougé mais dans tous les sens : 1. ils m’ont écoutée 2. ils se sont énervés contre le proprio qui est rentré chez moi (1ere infraction : violation de domicile) et m’a ramassé mes affaires 3. m’a insultée et menacée devant eux ! (2ème infraction). Puis ils sont entrés dans le bureau du mec en question. Et ils en sont ressortis sans me lancer un regard !

- Hou, hou, les gars, par ici, c’est moi, la plaignante… Vous vous souvenez…

Rien à f… Ils se sont barrés sans rien me dire.

Bref, à Hammamet, le commissaire ne fait ni une ni deux : Madame, vous avez les clés de la villa en question ?

Moi : Oui

- Vous êtes entrée dans la maison ?

Moi : Oui

- Vous avez commencé à peindre ?

Moi : Oui

- Alors bienvenue à Hammamet, vous êtes ici chez vous !

Moi : Heu, merci Monsieur le Commissaire… Bon, ben, au revoir alors…

Mais bon, j’ai du mal à respirer. Ils m’ont trop cassée… Je suis folle de rage, de peine (qu’est ce que je vais dire aux enfants), vidée de ma substance…

Qu’est-ce que je vais faire demain ? La guerre ?

POURQUOI LES GENS NE SAVENT PLUS CE QU’EST DONNER SA PAROLE ?

POURQUOI ESSAIENT-ILS TOUJOURS DE VOUS BAISER ?

… Connards !

Si au moins j’avais encore un peu de vaseline dans mes tiroirs…

mercredi, 26 avril 2006

La Mère Michèle

Cet après-midi, il a plu des cordes. A 17h., j’ai décidé d’accompagner Nabil à son cours de tennis :

- Attention, maman, il y des chats qui font l’amour sous la voiture !

- ?!?

La clé est déjà sur le contact. Je n’ai pas envie de descendre pour vérifier. Nabil passe la tête par la fenêtre :

- Je les vois encore maman…

Il est écarlate. Petite marche arrière, lentement.

Le couple s’accouplait, pile sous le moteur de la voiture.

Grimpé sur la croupe soumise, le mâle s’active. Il maintient bien la vilaine en lui tenant le cou entre ses crocs acérés.

- La pauvre, me dis-je. Sans ces crocs, ça fait longtemps qu’elle se serait barrée !!!

Mais voilà donc que le malin félidé réalise que la voiture a bougé. Il a entendu le bruit du moteur et s’écarte d’un bond de la femelle. Quelques centimètres à peine qui lui permettent de rester en observation, éventuellement afin de reprendre son coït malencontreusement interrompu.

Le chat me lance un regard noir, en biais.

- Vas-y, fous le camp, ma chérie ! Grâce à moi, tu es libre !

La chatte mouillée reste là, le cul relevé, sans broncher.

La chatte me lance un regard noir, en biais.

Elle attend que JE me casse.

Je la contourne alors en m’excusant piteusement et m’en vais, la queue entre les jambes...

lundi, 24 avril 2006

Sale Arab

Aujourd'hui, j'ai reçu la visite du petit frère de la sage-femme sur le blog (Arab). Il fallait s'y attendre. J'ai laissé la porte ouverte. Il n’a pas signé mais j’ai immédiatement démasqué l’importun grâce à son langage fleuri : kaskaslou, yrjaa laslou

J’espère qu’elle ne va pas envoyer ouled el houma ilkol (tous les mecs du quartier).

Je garde également précieusement ce commentaire: mes premières insultes, un moment magique de mes premiers pas de blogueuse...

Le petit service

Zakouille la Fripouille m’a demandé de lui rendre un petit service. Depuis plusieurs mois, il est harcelé par une sage-femme de l’hôpital militaire. Une cinglée qui le supplie de lui faire un gosse.

Petite parenthèse (j’adore faire ça) :

Deux précisions pour ceux qui n’auraient pas tout suivi :

1. Zakouille la Fripouille est mon futur meilleur ami

2. Il est célibataire (je vous dirai un autre jour pourquoi, c’est promis…)

Fin de la petite parenthèse.

Donc, nous sommes en route vers le cabinet de mon dentiste (ben oui, il arrive que Zakouille m’accompagne chez le dentiste mais c’est juste parce qu’on délire comme des fous même avant que je me fasse charcuter, voire pendant…) et Zakouille me dit : « Dis voir, Absolute (si, si, c’est mon vrai prénom), tu ne voudrais pas appeler la miss avec mon portable pour la faire un peu flipper. »

Moi, toujours prête pour les facéties, je saute pieds joints mais pas poings liés sur l’occasion de me faire une bonne grosse salope (pardon !!!).

« Ouais, ouais, génial !! », réponds-je enthousiasmée.

A voir ma réaction, Zakouille a quand même un peu les boules parce qu’il sait jusqu’où mon enthousiasme délirant peut me mener et il essaie un peu de freiner mes ardeurs. Un peu seulement parce qu’au fond, il adore mes excès. Le voilà donc qui me tend le téléphone : « qu’est-ce que tu vas lui dire ? », se soucie-t-il (un tout petit peu). « T’inquiètes, Zakouille, laisse moi faire ! ».

Bon, à partir de là, il faut un peu que vous fassiez travailler votre imagination (un peu). Je prends la voix la plus pétasse qui existe au monde, style brunette du Manar (je ne sais plus si ça s’écrit avec un « d » à la fin). Bon, on ne va pas chipoter des heures : style brunette du Nasr (pour le numéro, je vous laisse le choix), 22 ans, grosse poitrine, gros cul dans jean moulant taille basse avec les poignées d’amour qui dégoulinent de mal amour, cherche jeune homme de bonne famille, riche, beau et assez con pour m’épouser.

« Allooooou, chkoun fi téliphoun ? » (qui est à l’autre bout du fil, ou plutôt du réseau puisque j’appelle avec le portable de Z, ah oui, précision importante : je téléphone avec le mobile de Z, bien sûr), m’enquiers-je naïvement.

« Inti chkounik ? », réplique-t-elle (elle a raison la connasse, puisque c’est moi qui appelle en plus avec le téléphone de notre ami commun, je suis censée savoir qui j’appelle, CQFD)

« Ena il fiancée mtaa Zakouille » (je suis la fiancée de Z) et, voyant que j’ai à faire à du gros poisson, j’en remets une couche tout de suite : « on vient de se disputer et je lui ai pris son téléphone pour appeler les derniers appels qu’il a reçus. »

« Ey, ou chthib 3ndi ? » (que me veux-tu), s’inquiètes la fourreuse de doigts dans l’utérus des futures mères.

Je la déteste de plus en plus mais réalisant rapidement au ton de sa voix qu’elle est du genre coriace, j’attaque sur le registre agressif : « Inti, echthib 3nd Zakouille, louech totlob fih ? » (pourquoi appelle-tu Z).

« N3am, N3am, m’interrompt-elle. C’est lui qui me court après, ton mec ». Et, non contente de tenter subrepticement et au passage de foutre la merde entre nous, « en plus, takhrali fih », conclut-elle, réjouie de son effet de style.

Cela fait des années que je n’ai pas entendu cette expression qui signifie, en bon français : « tu peux toujours me chier à la raie du cul, j’en ai rien à f… ! » Je m’étrangle mais me ressaisis pour changer aussitôt de registre et, prenant un ton larmoyant : « J’en peux plus de toutes ces filles qui appellent mon Zakouille. On va se marier maintenant, il faut nous laisser tranquille. » Je fais semblant de pleurer et lui sort une longue tirade sur les mecs tunisiens, et c’est des salops, et pourquoi moi, et qu’est-ce que j’ai fais au Bon Dieu. Je hurle et je pleure au téléphone. Tant et si bien que, même Zakouille, que j’observe du coin de l’œil, s’inquiète.

Et la voilà qui me la joue : « ana bint halal (comme la viande du boucher de Belleville), tu peux le garder ton Zakouille, j’en ai rien à foutre de lui. Je te jure que je vais plus jamais l’appeler ».

« Tu me le jures ?!? », snif-snif-je (j’adore inventer des verbes aussi)…

« Ourass baba » (sur la tête de son père), jure-t-elle.

Triomphante, je tends à Zakouille son téléphone : « Voilà, une affaire réglée ».

Je ne sais de quelle cuisse elle est sortie, quel ventre l’a portée, quelle mère l’a élevée, quel oncle lui a touché le pipi quand elle était petite, quel maître de classe lui a frappé les doigts quand elle faisait couler de l’encre sur ses pages d’écolières…

Tout ce que je sais c’est que depuis que j’ai téléphoné à cette grosse salope, elle appelle Zakouille dix fois plus qu’avant, elle s’accroche comme une teigne, elle le veut encore plus son moufflard illégitime, son bâtard qui, à 15 ans, lui mettra le poing en plein milieu de sa gueule trop peinturlurée et la fera vaciller de vraie douleur dans sa cuisine qui pue les restes de odja.

La malheureuse briseuse de ménage à qui des femmes confient tous les jours leur ventre rond, les instants les plus magiques de leur vie, a le cœur aussi sale que ses mains lorsque ces dernières lui chient dessus en mettant au monde leur enfant.

vendredi, 21 avril 2006

Le désert de Kobi

J’ai soudain la sensation d’avoir longtemps tourné dans le désert sans voir les mains qui se tendaient. Sans espoir de trouver enfin l’oasis à l’ombre de laquelle je pourrai me reposer, où d’autres s’occuperaient un peu de moi.

J’ai le vague souvenir de m’être affaissée, perdue à jamais dans ma profonde obscurité, les larmes à mes yeux clos.

Et voilà que des êtres s'avancent auprès de mon corps étendu.

Un à un. Ils viennent me regarder. Me tendre la main pour me relever.

Repartent après s’être assurés que je respirai encore.

Je les sens autour de moi, leur souffle chaud… Je n’ose pas encore ouvrir les yeux.

Mais je me redresse lentement et m’envole. Ils sont là, derrière. L’armée des morts-vivants qui me suivent jusqu’au fond des ténèbres virtuelles de mon enfer, à la frontière de mon paradis retrouvé.

17:55 Publié dans Non sense | Lien permanent | Commentaires (5)

Le premier homme

Depuis hier soir, je n’ai fait que ça : bichonner mon blog.

Un premier commentaire de l’homme qui dégaine plus vite que son ombre. Je n’ai toujours pas compris comment il m’a trouvée si vite, alors que je venais à peine de créer le compte. Un mot juste pour dire qu’il m’avait découverte le premier.

Il a donc posé son petit drapeau sur la face cachée de ma lune mais, pour la phrase historique, c’était un peu râpé… Enfin… On mettra son manque d’imagination sur « il était tard… ». C’est mon premier et il le restera pour la vie !

Puis sont venus d’autres commentaires.

Ca fait tout drôle.

Merci d’être venus.

Bancal

Hier soir, j’étais invitée au vernissage d’une expo photo. « Lumières de Tunisie ». Parc du Belvédère. J’ai rencontré plusieurs personnes intéressantes : le nouvel ambassadeur du Maroc, Nja Mahdaoui, Zoubeir Turki… J’ai voulu prendre des photos.

Merde : j’ai oublié les piles dans le chargeur à la maison.

Tant pis.

Je me ferai photographier avec les dinosaures une autre fois.

20h. : Il est temps de rentrer.

Direction la sortie.

Il y le feu dans le Parc.

Juste en face de moi, un immense brasier qui illumine les chiens et les loups.

Les pompiers ne sont pas encore là.

Les badauds se tiennent loin du feu.

Je cours chercher l’appareil photo de l’un des invités, me précipite vers ce que je crois être un incendie de forêt.

En fait, il y juste un arbre qui flambe. Et le banc qui était dessous.

Que de culs a-t-il dû supporter dans sa pauvre vie de banc public…

Et le voilà ne luttant même pas contre les flammes, affrontant stoïquement l’ardent assaut, subissant sans broncher sa pénible combustion.

C’est la première fois de ma vie que j’assiste au suicide d’un banc…

00:55 Publié dans Non sense | Lien permanent | Commentaires (11)

Vous n'auriez pas un anti-émétique pour moi?

Il est 16h.00. Mon fils rentre d’une excursion de 4 jours à Hammamet. Voilà, il me manque. Je suis heureuse de le revoir. Tous les parents sont devant l’école. Les enfants descendent du bus. Du soleil plein les joues. Les yeux remplis d’étoiles. Tout le monde parle en même temps, gesticule : « ta valise, là-bas derrière… mais non derrière le sac rouge. » Nous repartons. Une copine m’arrête. Retrouvailles. Bises : « Je n’ai pas trouvé de maison pour l’été ». « Attends, me suggère-t-elle, appelle Am Foulen (je ne vais pas vous filer mes bonnes adresse tout de même) ». Il a un terrain avec plein de maisons superbes. J’appelle : Banco ! RDV Samedi matin, les deux maisons sont libres. Bisou à mon grand : »Tu me porte bonheur mon chéri ! ». Je lui achète une glace pour la peine. On jette la valise dans le coffre. On démarre : « Cet après-midi, maman, je fais encore tout ce que je veux. Mais demain je te promets d’étudier ». « A une condition, racontes moi ton voyage dans les détails ». Je tourne. Une voiture. Des hommes frappent un autre homme et le jette à l’arrière de la voiture. Au moment où le type vaincu se baisse pour pénétrer le véhicule, le type qui le tabassait lui met un dernier coup de pied, pile à la raie du cul…

Haut le cœur…

Haut les cœurs, me dit maman, quand je suis mal.

Mal au niveau du plexus…

Je suis pétrifiée de terreur et de peine.

Mon Dieu ! Faites que Nabil n’ait rien vu…

Il n’a rien vu. Me parle de la fête, de pirouettes et de… je ne l’entends pas. Je n’arrive plus à l’écouter. Trop horrifiée.

Je m’en veux parce que je sais que mon visage n’est plus celui de la maman qui écoute le récit de voyage de son enfant. J’ai le visage fermé comme une huître. Je dois être un peu jaune-vert. Mes joues que le sourire remonte habituellement doivent s’être affaissées, je les sens tombantes. On doit bien les voir mes 40 ans. J’essaie de me recentrer sur Nabil : « Et t’as eu du succès avec ton numéro, chéri ? ». Il me regarde bizarrement. « Ben oui maman ! »

Le charme est rompu.

Si ça se trouve, ce connard était en train de braquer une petite vieille comme ma femme de ménage qui s’est faite agresser à deux pas de là le mois dernier par une bande de voyous qui lui ont croire qu’ils allaient la violer. A 56 ans !

Frappez-les… Ils le méritent sûrement.

Mais de grâce, pas devant nous !

N’en faites pas des victimes.

jeudi, 20 avril 2006

Ma vie est une sitcom

Mon futur meilleur ami, Zakouille la Fripouille m'a dit ça l'autre jour, entre deux clopes : « Ta vie, c’est une sitcom ».C’est vrai ! Il a raison le bougre. C’est du non stop. Pas un instant qui passe sans qu'il m'arrive un truc. Même quand il ne m'arrive rien, il m'arrive quelque chose.

Mais je ne m’en rendais pas compte jusqu’à ce qu’il me le dise. J’ai décidé de vous en faire profiter. Mais je vous préviens : il y a des jours où vous allez rire, même si ce n’est pas drôle. Et il y aura aussi des jours moins gais. Pour ces derniers, je suis sûre que je trouverai auprès de vous un inconditionnel soutien.

Hein ?

Personne !!!

Bon, ben, c’est pas grave… je repasserai!