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samedi, 29 avril 2006

Ici je suis chez moi, ici je suis le roi...

Ce blog a été créé il y une semaine. Et ça part déjà dans tous les sens. C’est ce que je craignais. C’est aussi pour cette raison que j’ai mis tant de temps à me décider. Je ne sais plus quoi répondre...

Dans la mesure où je fais mes premiers pas -ce que certains ont l'air d'oublier- dans la blogospère (désolée Infinity mais c'est encore comme cela qu'elle s'appelle), tawa walit inkhaf.

J'ai peur de dire quelque chose et que ça passe pour du forumage ou du tchatage. Et si je ne réponds pas aux commentaires, j’ai le sentiment de passer pour une impolie (c’était le cas les 1ers jours où j’étais complètement tétanisée et que je n’arrivai à répondre à personne, raison pour laquelle j’ai pondu « Le désert de Kobi »). Entre mon éducation, même si je dis "cul" et "connard" (au moins je les écris en entier) et ma méconnaissance de votre monde, ma raison et mon coeur balancent...

Quid?

Et bien rien, je fais comme je veux, comme je le sens. Et ceux qui aiment venir ici, aussi !

Ici je suis chez moi, ici je suis le roi...

C’est moi qui fixe les règles du jeu. Personne d’autre.

Je n'ai pas envie de suivre celles fixées par des années d'usage du Net: dans un forum on fait comme ci, dans un blog ça doit être comme ça…

Si je suis là, c'est justement pour échapper à toutes ces contraintes et ses règles, aux carcans sociaux, à la misère intellectuelle, à la noirceur, à la méchanceté. C’est aussi pour me faire des amis virtuels et qui le resteront. Des personnes à qui j'offre le meilleur de moi-même, à qui je livre des pans de ma vie, des histoires dont ils n’auraient jamais eu connaissance autrement !

Pour moi, en agissant de la sorte, chaque blogueur fait un cadeau inestimable aux autres.

Maintenant, on ne peut pas plaire à tout le monde (je ne suis pas la seule à le dire).

Par contre, je trouve inadmissible que les gens entrent ici sans frapper, se servent et alors qu’ils pourraient repartir comme ils sont venus, se permettent de déranger la maîtresse de maison et ses amis pour dire : « wallahi Absolute, on n’aime pas venir chez toi » ou me donner des leçons sur la façon dont j’éduque mes enfants : « j’espère que tu ne parles pas comme ça devant tes enfants »

Va voir ailleurs si j’y suis… ya ko3laf (au fait, c’est quoi ce surnom de Smirnof à la con). Fech tistana, raouah !

En résumé :

Ceux qui veulent venir, marhaba.

Les autres, ceux à qui ce blog ne plaît pas, tissbah ala khir... Brobi, a3fiouni, dégagez sans m’importuner, svp, et, en passant, posez votre verre à la cuisine !

 

vendredi, 28 avril 2006

Les chiens aboient… je trépasse !

La semaine dernière, je suis allée visiter la fameuse maison de Hammamet (cf. « Vous n'auriez pas un anti-émétique pour moi? »). J’arrive vers 9h.00 du matin, avec Zakouille la Fripouille. Ils sont très sympas… les proprios. Me font visiter la villa.
Waow… Super… Parfaite… etc.
Exactement ce qu’il faut. Mais vide : pas l’ombre d’une armoire, d’un lit, … et sale.
Ok, pas grave : on s’entend sur le prix de la location et on en vient aux petits détails : pour les meubles ? Et la peinture (à Hammamet, avant toute location d’été, ils vous passent la maison à la chaux). Là, ils prennent leur petit air que je connais par cœur : « C’est-à-dire qu’on a pas d’argent, et si vous pouviez peindre vous-mêmes, ce serait sympa, et amener vos propres meubles, et la vaseline avec… ? »
- « Ah, ben non : je ne vais vous repeindre la baraque ni faire un déménagement (je n’ai plus de vaseline dans ma pharmacie) ! »
- Alors, pourquoi ne loueriez-vous pas à l’année ?
- Ahhh !!! Ahh, Ahh, Ahh… ! Nimchi ma3koum…
Là, je tilte : « Mais oui Monsieur, c’est justement mon rêve de trouver une maison à l’année !» Ca tombe bien. Tout le monde est content. Le lendemain, je reviens avec ma mère (pour avoir sa bénédiction), mon mari (pour avoir son chèque) et mes enfants (pour qu’ils soient tout contents de voir la maison dénichée par Mamounette –hé oui, je ne m’appelle Absolute que dans l’intimité de ce blog-).

Re-visite de la maison : maman donne sa bénédiction, chéri donne le chèque (une avance sur trois mois de loyer), ils me filent la clé, on va se faire (pub) une pizza à l’Angolo verde (tururut) : voilà une affaire réglée.

A 15h.00, le fils du proprio m’appelle (yn3al bou el portablouat): « Brobi, ija li’taxiphone mta3i », qu’il me dit.

Ok, je vais le voir au taxiphone. Les gosses commencent à être fatigués. Ca hurle dans la voiture. On descend : « Voilà, c’est juste pour vous dire que mon père souhaite que vous laissiez le passage derrière la maison pour aller au puit ». OK. « Ah, et puis, il faut vous dire que la facture d’eau, on la paye à trois, mon frère, vous et moi ». OK mais pas en hiver. « Et puis, on a des chiens, ça ne vous dérange pas ? ». OK

-Ok

-Ok, à la semaine prochaine…

Hier soir, j’appelle ces connards. La bonne femme : « Pas de problème, on vous attend avec vos peintres »

Le lendemain, j’arrive de Tunis la voiture chargée des peintres, de la peinture, des rouleaux, bref de tout le matos… Je rentre dans la maison. On nettoie toute la villa. On commence à peindre.

Et voilà les frères Dalton qui se la ramènent : « Okhti, samahna ama iloualid bedil fikrtou 3ddar »

- ?!?

Je vous passe les détails : la mauvaise foi (on ne vous a jamais demandé de nous laisser le chèque de caution !), les mensonges (on a peur pour vos enfants à cause des chiens), les reproches (yakhi inti chbik itsara3t, machya tichri fiddohn ou jayba idahana… ! Hé, oui).

medium_chien.4.jpg

Chaque année, à Hammamet, il y des proprios qui essaient de me baiser et chaque année je me fais b…

Là, je suis allée directement chez les flics.

Il se trouve que c’est la deuxième fois ce mois-ci que je me fais virer de chez moi. Là, j’en ai ras la patate et, c’est fini, je ne vais plus me laisser faire.

Ils ont été supers, les flics. Des hommes, des vrais. Ce n’est pas le cas de tout le monde… Suivez mon regard. Ceux que j’ai appelés à Tunis n’ont pas bougé le petit doigt ! Enfin si, ils l’ont bougé mais dans tous les sens : 1. ils m’ont écoutée 2. ils se sont énervés contre le proprio qui est rentré chez moi (1ere infraction : violation de domicile) et m’a ramassé mes affaires 3. m’a insultée et menacée devant eux ! (2ème infraction). Puis ils sont entrés dans le bureau du mec en question. Et ils en sont ressortis sans me lancer un regard !

- Hou, hou, les gars, par ici, c’est moi, la plaignante… Vous vous souvenez…

Rien à f… Ils se sont barrés sans rien me dire.

Bref, à Hammamet, le commissaire ne fait ni une ni deux : Madame, vous avez les clés de la villa en question ?

Moi : Oui

- Vous êtes entrée dans la maison ?

Moi : Oui

- Vous avez commencé à peindre ?

Moi : Oui

- Alors bienvenue à Hammamet, vous êtes ici chez vous !

Moi : Heu, merci Monsieur le Commissaire… Bon, ben, au revoir alors…

Mais bon, j’ai du mal à respirer. Ils m’ont trop cassée… Je suis folle de rage, de peine (qu’est ce que je vais dire aux enfants), vidée de ma substance…

Qu’est-ce que je vais faire demain ? La guerre ?

POURQUOI LES GENS NE SAVENT PLUS CE QU’EST DONNER SA PAROLE ?

POURQUOI ESSAIENT-ILS TOUJOURS DE VOUS BAISER ?

… Connards !

Si au moins j’avais encore un peu de vaseline dans mes tiroirs…

mercredi, 26 avril 2006

La Mère Michèle

Cet après-midi, il a plu des cordes. A 17h., j’ai décidé d’accompagner Nabil à son cours de tennis :

- Attention, maman, il y des chats qui font l’amour sous la voiture !

- ?!?

La clé est déjà sur le contact. Je n’ai pas envie de descendre pour vérifier. Nabil passe la tête par la fenêtre :

- Je les vois encore maman…

Il est écarlate. Petite marche arrière, lentement.

Le couple s’accouplait, pile sous le moteur de la voiture.

Grimpé sur la croupe soumise, le mâle s’active. Il maintient bien la vilaine en lui tenant le cou entre ses crocs acérés.

- La pauvre, me dis-je. Sans ces crocs, ça fait longtemps qu’elle se serait barrée !!!

Mais voilà donc que le malin félidé réalise que la voiture a bougé. Il a entendu le bruit du moteur et s’écarte d’un bond de la femelle. Quelques centimètres à peine qui lui permettent de rester en observation, éventuellement afin de reprendre son coït malencontreusement interrompu.

Le chat me lance un regard noir, en biais.

- Vas-y, fous le camp, ma chérie ! Grâce à moi, tu es libre !

La chatte mouillée reste là, le cul relevé, sans broncher.

La chatte me lance un regard noir, en biais.

Elle attend que JE me casse.

Je la contourne alors en m’excusant piteusement et m’en vais, la queue entre les jambes...

lundi, 24 avril 2006

Sale Arab

Aujourd'hui, j'ai reçu la visite du petit frère de la sage-femme sur le blog (Arab). Il fallait s'y attendre. J'ai laissé la porte ouverte. Il n’a pas signé mais j’ai immédiatement démasqué l’importun grâce à son langage fleuri : kaskaslou, yrjaa laslou

J’espère qu’elle ne va pas envoyer ouled el houma ilkol (tous les mecs du quartier).

Je garde également précieusement ce commentaire: mes premières insultes, un moment magique de mes premiers pas de blogueuse...

Le petit service

Zakouille la Fripouille m’a demandé de lui rendre un petit service. Depuis plusieurs mois, il est harcelé par une sage-femme de l’hôpital militaire. Une cinglée qui le supplie de lui faire un gosse.

Petite parenthèse (j’adore faire ça) :

Deux précisions pour ceux qui n’auraient pas tout suivi :

1. Zakouille la Fripouille est mon futur meilleur ami

2. Il est célibataire (je vous dirai un autre jour pourquoi, c’est promis…)

Fin de la petite parenthèse.

Donc, nous sommes en route vers le cabinet de mon dentiste (ben oui, il arrive que Zakouille m’accompagne chez le dentiste mais c’est juste parce qu’on délire comme des fous même avant que je me fasse charcuter, voire pendant…) et Zakouille me dit : « Dis voir, Absolute (si, si, c’est mon vrai prénom), tu ne voudrais pas appeler la miss avec mon portable pour la faire un peu flipper. »

Moi, toujours prête pour les facéties, je saute pieds joints mais pas poings liés sur l’occasion de me faire une bonne grosse salope (pardon !!!).

« Ouais, ouais, génial !! », réponds-je enthousiasmée.

A voir ma réaction, Zakouille a quand même un peu les boules parce qu’il sait jusqu’où mon enthousiasme délirant peut me mener et il essaie un peu de freiner mes ardeurs. Un peu seulement parce qu’au fond, il adore mes excès. Le voilà donc qui me tend le téléphone : « qu’est-ce que tu vas lui dire ? », se soucie-t-il (un tout petit peu). « T’inquiètes, Zakouille, laisse moi faire ! ».

Bon, à partir de là, il faut un peu que vous fassiez travailler votre imagination (un peu). Je prends la voix la plus pétasse qui existe au monde, style brunette du Manar (je ne sais plus si ça s’écrit avec un « d » à la fin). Bon, on ne va pas chipoter des heures : style brunette du Nasr (pour le numéro, je vous laisse le choix), 22 ans, grosse poitrine, gros cul dans jean moulant taille basse avec les poignées d’amour qui dégoulinent de mal amour, cherche jeune homme de bonne famille, riche, beau et assez con pour m’épouser.

« Allooooou, chkoun fi téliphoun ? » (qui est à l’autre bout du fil, ou plutôt du réseau puisque j’appelle avec le portable de Z, ah oui, précision importante : je téléphone avec le mobile de Z, bien sûr), m’enquiers-je naïvement.

« Inti chkounik ? », réplique-t-elle (elle a raison la connasse, puisque c’est moi qui appelle en plus avec le téléphone de notre ami commun, je suis censée savoir qui j’appelle, CQFD)

« Ena il fiancée mtaa Zakouille » (je suis la fiancée de Z) et, voyant que j’ai à faire à du gros poisson, j’en remets une couche tout de suite : « on vient de se disputer et je lui ai pris son téléphone pour appeler les derniers appels qu’il a reçus. »

« Ey, ou chthib 3ndi ? » (que me veux-tu), s’inquiètes la fourreuse de doigts dans l’utérus des futures mères.

Je la déteste de plus en plus mais réalisant rapidement au ton de sa voix qu’elle est du genre coriace, j’attaque sur le registre agressif : « Inti, echthib 3nd Zakouille, louech totlob fih ? » (pourquoi appelle-tu Z).

« N3am, N3am, m’interrompt-elle. C’est lui qui me court après, ton mec ». Et, non contente de tenter subrepticement et au passage de foutre la merde entre nous, « en plus, takhrali fih », conclut-elle, réjouie de son effet de style.

Cela fait des années que je n’ai pas entendu cette expression qui signifie, en bon français : « tu peux toujours me chier à la raie du cul, j’en ai rien à f… ! » Je m’étrangle mais me ressaisis pour changer aussitôt de registre et, prenant un ton larmoyant : « J’en peux plus de toutes ces filles qui appellent mon Zakouille. On va se marier maintenant, il faut nous laisser tranquille. » Je fais semblant de pleurer et lui sort une longue tirade sur les mecs tunisiens, et c’est des salops, et pourquoi moi, et qu’est-ce que j’ai fais au Bon Dieu. Je hurle et je pleure au téléphone. Tant et si bien que, même Zakouille, que j’observe du coin de l’œil, s’inquiète.

Et la voilà qui me la joue : « ana bint halal (comme la viande du boucher de Belleville), tu peux le garder ton Zakouille, j’en ai rien à foutre de lui. Je te jure que je vais plus jamais l’appeler ».

« Tu me le jures ?!? », snif-snif-je (j’adore inventer des verbes aussi)…

« Ourass baba » (sur la tête de son père), jure-t-elle.

Triomphante, je tends à Zakouille son téléphone : « Voilà, une affaire réglée ».

Je ne sais de quelle cuisse elle est sortie, quel ventre l’a portée, quelle mère l’a élevée, quel oncle lui a touché le pipi quand elle était petite, quel maître de classe lui a frappé les doigts quand elle faisait couler de l’encre sur ses pages d’écolières…

Tout ce que je sais c’est que depuis que j’ai téléphoné à cette grosse salope, elle appelle Zakouille dix fois plus qu’avant, elle s’accroche comme une teigne, elle le veut encore plus son moufflard illégitime, son bâtard qui, à 15 ans, lui mettra le poing en plein milieu de sa gueule trop peinturlurée et la fera vaciller de vraie douleur dans sa cuisine qui pue les restes de odja.

La malheureuse briseuse de ménage à qui des femmes confient tous les jours leur ventre rond, les instants les plus magiques de leur vie, a le cœur aussi sale que ses mains lorsque ces dernières lui chient dessus en mettant au monde leur enfant.

vendredi, 21 avril 2006

Le désert de Kobi

J’ai soudain la sensation d’avoir longtemps tourné dans le désert sans voir les mains qui se tendaient. Sans espoir de trouver enfin l’oasis à l’ombre de laquelle je pourrai me reposer, où d’autres s’occuperaient un peu de moi.

J’ai le vague souvenir de m’être affaissée, perdue à jamais dans ma profonde obscurité, les larmes à mes yeux clos.

Et voilà que des êtres s'avancent auprès de mon corps étendu.

Un à un. Ils viennent me regarder. Me tendre la main pour me relever.

Repartent après s’être assurés que je respirai encore.

Je les sens autour de moi, leur souffle chaud… Je n’ose pas encore ouvrir les yeux.

Mais je me redresse lentement et m’envole. Ils sont là, derrière. L’armée des morts-vivants qui me suivent jusqu’au fond des ténèbres virtuelles de mon enfer, à la frontière de mon paradis retrouvé.

Le premier homme

Depuis hier soir, je n’ai fait que ça : bichonner mon blog.

Un premier commentaire de l’homme qui dégaine plus vite que son ombre. Je n’ai toujours pas compris comment il m’a trouvée si vite, alors que je venais à peine de créer le compte. Un mot juste pour dire qu’il m’avait découverte le premier.

Il a donc posé son petit drapeau sur la face cachée de ma lune mais, pour la phrase historique, c’était un peu râpé… Enfin… On mettra son manque d’imagination sur « il était tard… ». C’est mon premier et il le restera pour la vie !

Puis sont venus d’autres commentaires.

Ca fait tout drôle.

Merci d’être venus.

Bancal

Hier soir, j’étais invitée au vernissage d’une expo photo. « Lumières de Tunisie ». Parc du Belvédère. J’ai rencontré plusieurs personnes intéressantes : le nouvel ambassadeur du Maroc, Nja Mahdaoui, Zoubeir Turki… J’ai voulu prendre des photos.

Merde : j’ai oublié les piles dans le chargeur à la maison.

Tant pis.

Je me ferai photographier avec les dinosaures une autre fois.

20h. : Il est temps de rentrer.

Direction la sortie.

Il y le feu dans le Parc.

Juste en face de moi, un immense brasier qui illumine les chiens et les loups.

Les pompiers ne sont pas encore là.

Les badauds se tiennent loin du feu.

Je cours chercher l’appareil photo de l’un des invités, me précipite vers ce que je crois être un incendie de forêt.

En fait, il y juste un arbre qui flambe. Et le banc qui était dessous.

Que de culs a-t-il dû supporter dans sa pauvre vie de banc public…

Et le voilà ne luttant même pas contre les flammes, affrontant stoïquement l’ardent assaut, subissant sans broncher sa pénible combustion.

C’est la première fois de ma vie que j’assiste au suicide d’un banc…

Vous n'auriez pas un anti-émétique pour moi?

Il est 16h.00. Mon fils rentre d’une excursion de 4 jours à Hammamet. Voilà, il me manque. Je suis heureuse de le revoir. Tous les parents sont devant l’école. Les enfants descendent du bus. Du soleil plein les joues. Les yeux remplis d’étoiles. Tout le monde parle en même temps, gesticule : « ta valise, là-bas derrière… mais non derrière le sac rouge. » Nous repartons. Une copine m’arrête. Retrouvailles. Bises : « Je n’ai pas trouvé de maison pour l’été ». « Attends, me suggère-t-elle, appelle Am Foulen (je ne vais pas vous filer mes bonnes adresse tout de même) ». Il a un terrain avec plein de maisons superbes. J’appelle : Banco ! RDV Samedi matin, les deux maisons sont libres. Bisou à mon grand : »Tu me porte bonheur mon chéri ! ». Je lui achète une glace pour la peine. On jette la valise dans le coffre. On démarre : « Cet après-midi, maman, je fais encore tout ce que je veux. Mais demain je te promets d’étudier ». « A une condition, racontes moi ton voyage dans les détails ». Je tourne. Une voiture. Des hommes frappent un autre homme et le jette à l’arrière de la voiture. Au moment où le type vaincu se baisse pour pénétrer le véhicule, le type qui le tabassait lui met un dernier coup de pied, pile à la raie du cul…

Haut le cœur…

Haut les cœurs, me dit maman, quand je suis mal.

Mal au niveau du plexus…

Je suis pétrifiée de terreur et de peine.

Mon Dieu ! Faites que Nabil n’ait rien vu…

Il n’a rien vu. Me parle de la fête, de pirouettes et de… je ne l’entends pas. Je n’arrive plus à l’écouter. Trop horrifiée.

Je m’en veux parce que je sais que mon visage n’est plus celui de la maman qui écoute le récit de voyage de son enfant. J’ai le visage fermé comme une huître. Je dois être un peu jaune-vert. Mes joues que le sourire remonte habituellement doivent s’être affaissées, je les sens tombantes. On doit bien les voir mes 40 ans. J’essaie de me recentrer sur Nabil : « Et t’as eu du succès avec ton numéro, chéri ? ». Il me regarde bizarrement. « Ben oui maman ! »

Le charme est rompu.

Si ça se trouve, ce connard était en train de braquer une petite vieille comme ma femme de ménage qui s’est faite agresser à deux pas de là le mois dernier par une bande de voyous qui lui ont croire qu’ils allaient la violer. A 56 ans !

Frappez-les… Ils le méritent sûrement.

Mais de grâce, pas devant nous !

N’en faites pas des victimes.

jeudi, 20 avril 2006

Ma vie est une sitcom

Mon futur meilleur ami, Zakouille la Fripouille m'a dit ça l'autre jour, entre deux clopes : « Ta vie, c’est une sitcom ».C’est vrai ! Il a raison le bougre. C’est du non stop. Pas un instant qui passe sans qu'il m'arrive un truc. Même quand il ne m'arrive rien, il m'arrive quelque chose.

Mais je ne m’en rendais pas compte jusqu’à ce qu’il me le dise. J’ai décidé de vous en faire profiter. Mais je vous préviens : il y a des jours où vous allez rire, même si ce n’est pas drôle. Et il y aura aussi des jours moins gais. Pour ces derniers, je suis sûre que je trouverai auprès de vous un inconditionnel soutien.

Hein ?

Personne !!!

Bon, ben, c’est pas grave… je repasserai!

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