mercredi, 21 juin 2006

El bourtablou wa'dinya Meziana

Je vous l’ai dit dimanche dernier, en plein crise existentielle, mais vous n’avez pas dû le remarquer tant vous étiez à la fois excités de me revoir et tristes de me revoir dans cet état-là. C’est pourquoi, maintenant que je vais mieux (ce n’est pas vrai mais on va faire comme si c’était vrai), je vous le répète. Et ce, même si au fond je sais que vous n’en avez rien à f… Petite parenthèse : en temps normal, j’aurai dit « j’en ai rien à foutre ». Quand je déprime, je n’arrive plus à dire de gros mots. La peine me polit comme la pierre frappée par les remous et l’incessant ressac, et dont les pointes, usées par le temps et l’eau devenus plus tranchants qu’elles, s’en trouvent de moins en moins acérées.

Bref, tout ça pour dire que j’ai offert un portable à Mimi pour son anniversaire.

Cette année, pour la première fois, ce gémeau descendant de moi et dont j’ignore l’ascendant mais dont le père s’est barré alors qu’il avait un mois, a été mis au banc de touche par tous ses copains.

Avec son maître, on s’est quand même creusé la tête plusieurs fois pour comprendre les raisons de cette mise à l’écart qui s’est manifestée de manière assez violente par ses anciens « meilleures » amis.

Voici les raisons que nous avons imaginées :

Un : Mimi est moins à l’aise en arabe qu’eux = isolement racial

Deux : Il est moins plouc. Il est mieux éduqué = eux se la jouent, un peu à l’image de leurs parents, ils se préoccupent plus de fric et de la marque de leurs vêtements alors que la préoccupation principale de Mimi est de savoir s’il va pouvoir jouer à la Game Cube au lieu de faire des gammes en arabe.

Trois : C’est le meilleur élève de la classe=j’ai fait un Agnan au lieu d’un Petit Nicolas

Quatre : Sa mère l’appelle Mimi=pourtant je fais des efforts pour arrêter

Cinq : L’enfer, c’est les autres

Mais bon, comme Mimi ne parle beaucoup, gémeau ascendant introverti, sauf pour blaguer, je nageai dans la choucroute jusqu’au jour où, au détour d’un mot lancé sans en avoir l’air, il m’a asséné LA vérité.

Eurêka ! Que n’y ai-je pensé plutôt ou plus tôt ?

Il y avait le groupe de ceux qui avaient un bourtablou (téléphone mobile pour les francophones purs et durs) et ceux qui n’en avaient point.

Un point c’est tout.

medium_bellavita.jpgLa vérité était au bout du tunnel et je n’en voyais pas la fin parce que je me suis immédiatement révoltée contre l’idée d’offrir un bourtablou à mon fils quatre mois avant son anniversaire à cause d’une bande de piafs mal élevés par leur parents à faire des différences (déjà à leurs âges) entre ceux qui en avaient et ceux qui n’en avaient pas.

J’ai donc attendu le fameux dimanche noir dont je vous cause ci-bas et où j’étais aussi bas pour acheter et offrir à mon Mimi d’amour un PUB PUB PUB Nokia PUB PUB PUB orange.

Depuis, la vie est plus belle comme je le dis en dialecte local dans le titre de ce post, reprenant par la même occasion le slogan du second opérateur mobile tunisien et le titre du film de Benini qui décrit le calvaire d’un papa et son fiston raflés par les nazis et dont le premier essaie de faire croire au second que tout baigne.

Comme quoi, on ne le répètera jamais assez : tout est relatif.

Merci Einstein.

Merci à Tunisiana : grâce à Awal, j’ai créé un numéro spécial pour Mimi.

Merci à Nokia de construire des téléphones solides et pas chers qui permettent aux mamans comme moi de ne pas couper le cordon et de rester connectées.

Merci aux parents couillons de perpétuer la race.

vendredi, 12 mai 2006

Ultimate fight : Coiffeuse vs. Femme de ménage

40 : C’est le nombre de commentaires qui ont suivi mon dernier post « La femme de ménage ». Et ce n’est peut-être pas fini !

Contre 6 (dont 2 de moi) pour mon post « Je déteste les coiffeurs ».

Contre aussi toute attente.

Je me pose des questions. Légitimes…

Et j’essaie de trouver les réponses.

Hypothèse, thèse, synthèse, Bartez :

1)

Mon post sur les coiffeuses est passé inaperçu. J’ai du le poster à un mauvais moment. Il y a tout plein de blogueurs qui ont posté sur tn-blogs. Personne ne l’a vu passer (hum !...)

2)

L’une de ces deux professions attise moins les passions que l’autre. Ce n’est pourtant pas ce qui m’avait semblé mais j’ai le droit de me tromper. (hum !...)

3)

Y a-t-il une coiffeuse dans la salle ?

4)

Hummmm !...

 

Au fond, peu importe. En ce qui me concerne, je déteste encore plus que les coiffeuses ces femmes de ménages qui enchaînent ma destinée à leurs sautes d’humeur. Cependant, si je devais choisir entre ma femme de ménage et ma coiffeuse, y’a pas photo, je rase la coiffeuse (comme on faisait aux collabo-ratrices- à la fin de l’occupation) et je me coupe les cheveux en quatre pour ma femme de ménage, famachi tirdha alaya (en bon français, en espérant sa bénédiction).

En plus, grâce à ce post, j’ai connu Seb avec qui je me suis soûlée la gueule une partie de la journée.

La femme de ménage

Aujourd’hui, en me baladant sur le blog de Seb, j’ai été entraînée vers celui de Soulef. Et, je suis tombée sur cela : « Femme de ménage diplômée d'état Tôt le matin, elle prend le chemin de la galère, oublie sa misère qu'elle maudit, berne  son vécu avec quelques écus. La tête haute, très digne, s'acharne à nettoyer vos crasses et vos idées salaces, vos palaces ne sont  pour elle que corvée et nullement de l'épopée. On lui donne des diplômes!.. Technicienne du sol, quelle farandole ! Agent d'entretien c'est malin, ce n'est pas vos consciences plutôt  qu'on maintient ? La femme de ménage a la rage, votre diplôme comme bagage, elle n'en veut pas. Elle rêve qu'il n'y ait plus de barrages ni d'ombrage sur sa destinée un premier mai. C'est à elle que j'offre mon muguet  qui sent le bonheur d'un jour meilleur. »
Et cela m’a inspiré ceci :
Et pourquoi pas une statue à leur effigie avec comme épitaphe ceci :
A toutes les salopes…
qui viennent te pomper du fric à ne rien faire,
qui t'abandonnent au moment où tu en as le plus besoin,
qui te volent,
qui se barrent à l’aube alors que la veille elles embrassent tes enfants en jurant qu’elles les aiment tellement qu’elles ne pourraient jamais les quitter.
A ces menteuses de petits chemins,
qui cassent et cachent ce qu’elles cassent,
qui planquent ta merde et font semblant de la ranger,
qui font semblant tout court,
qui ne te montrent jamais leur vrai visage.
Quelques écus… !
Mon cul !
Les miennes sont payées une fortune et pourtant…
Pourtant,
Il y a celle qui s’est enfuie le jour de l’anniversaire de mon fils alors qu’elle avait vécu avec nous 7 ans !
Il y a celle qui s’est cassée la veille de mon accouchement !
Il y a celle qui s’est sauvée quatre jours après mon accouchement !
Il y a celle qui a planqué ses serviettes hygiéniques dans la buanderie (la poubelle était trop loin)
Il y a celle qui a failli noyer mon fils parce qu’elle a décidé d’aller nager là où il ne fallait pas
Il y a celles qui ont fait peur à mes enfants
Il y a celles qui bouffent en cachette comme si tu les laissais crever de faim
Il y a celles qui font semblant de ne pas savoir faire quelque chose alors qu’elles savent parfaitement le faire
Il y a celles qui sont parties pour deux jours et ne sont jamais revenues, toujours sans prévenir
Il y a celles qui m’ont fait croire qu’elles revenaient et qui ne sont jamais revenues
Il y a celles dont la mère est malade au bled
Il y a celles qui ont soudain un mariage au bled
Il y a celles dont le portable ne fonctionne plus, comme par hasard : fermé pour grand ménage
Et pourtant,

Toutes celles-là connaissaient ma vie, mes nuits blanches passées à travailler parce que la journée était consacrée aux enfants et aux bébés, ma gentillesse et mon attention continues avec elles.

Toutes ces filles profitaient de mes largesses : clopes, cartes téléphoniques, fringues, etc., en plus de leurs salaires mirobolants. Allez, je vous le dis : 200 dinars par tête de pipe sans compter les petits cadeaux, les pourboires et tout le reste…

Et ne me dites pas que c’est la misère qui veut ça. Quand je n’avais même plus de quoi m’acheter des clopes, quand je n’avais pas de quoi acheter de fringues à mon gosse alors que l’hiver arrivait à grand pas, quand je demandais à Caritas qu’on m’en file (des fringues et des couvertures pour le couvrir), quand je bossai comme une tarée pour payer mes études, quand j’étais au plus bas, là où je ne pouvais que crever ou me relever, quand mon père était en prison, quand ma mère ne savait pas comment elle payer son loyer : je n’ai jamais trahi, jamais menti, jamais volé !

J’ai bossé, et j’allais, portant ma misère à bout de bras, mon chemin de galère était chemin de croix. J’ai bossé partout où on voulait de moi : dans les bars et les restaurants, à la Poste, chez des gens dont je gardais les enfants, j’ai tenu des comptes, tenu des nuits et des jours sans dormir…

Bref, on s’en fout ! Alors, le brin de muguet, c’est dans leur cul que je le fourre…

Et encore, rien que pour rire un peu…

Car du muguet pour ces filles-là, même dans le cul, c’est comme une crotte d’oiseau sur le nez de la Madone.

Le beau et le laid ne s’accommodent pas…

PS : Aujourd’hui, ma nouvelle femme de ménage m’a fait remarquer qu’on fêtait l’anniversaire de la mort de Bob Marley. Ma nouvelle femme de ménage est gentille et cultivée. Quand elle trouve de l’argent, elle le rapporte immédiatement. Elle a de l’initiative. Tous les soirs, on met de la musique et on danse avec les enfants à la cuisine avant de servir le dîner.Quand elle casse quelque chose à la maison, elle vient le dire tout de suite et on rigole parce qu’elle casse tout le temps quelque chose. Mais je m’en fous. J’aime ma nouvelle femme de ménage et elle m’aime (enfin, je crois…). En tout cas, elle me le rend bien.

Ma nouvelle femme de ménage n’est pas tunisienne.

mercredi, 10 mai 2006

Je déteste les coiffeurs

Et, par extension, les coiffeuses !

Qu’est ce qu’il y a les mecs ?

Qu’est ce que vous avez à me regarder comme ça ?

J’ai dit une connerie ?!?

Y a un cobra qui fourche sa langue vers moi, juste derrière mon dos ?

Un tigre prêt à me bondir dessus pour me dévorer toute crue (lustucru) ?

Un moustique qui pète sur un arbre juste au-dessus de ma tête (ça, c’est juste pour l’image !) ?

Un scorpion qui grimpe sur ma peau nue-bronzée ?

Une Ferrari rouge conduite par Tom Cruise qui fonce sur moi à vive allure ?

Ressaisissez-vous !

Chez le coiffeur, je perdais trop de temps. En plus, j’avais l’impression d’être comme un chien dans un jeu de quilles, un éléphant dans un magasin de porcelaine, un cheveu dans la soupe, un cafard dans la cuisine, une mouche sur le morceau de viande qu’on vient de sortir du frigo pour faire un bon petit plat aux chéris qui rentrent de l’école à midi trente, un moustique sur la peau nue de bébé cadum, un chat dans la gorge, (ça va plaire à Adib tout ça)…

Toutes les bonnes femmes étaient là, super à l’aise, à discuter entre elles ou avec le coiffeur. De tout et surtout de rien : du dernier mariage de machine, celle dont le père s’est cassé l’été dernier avec la femme de son meilleur ami, avec machin, qui a des terrains au Mornag, et un hôtel à Hammamet Sud, et qui a racheté toutes les épiceries de Hay Ettadhamin pour faire une chaîne style Ed, bourré aux as mais bon c’est pas lui c’est son père mais c’est tout comme. En plus chouft, il lui a acheté la Porshe… et l’autre tu as entendu qu’à ce qu’il paraît son mari, il lui a amené l’huissier chez son amant et il a fait arrêter la mère de ses enfants et soit disant c’était un flagrant délit mais en fait c’en était pas un (?!?)… et sma3t bil visa bich ighaliw fih… (d’ailleurs Adib était là ce jour-là !)

J’écoutais et je ne savais pas quoi dire pour me rendre intéressante et trouver grâce aux yeux de ces dames. De temps en temps, l’une d’elle me regardait avec insistance : « yakhi… mouch bint flana inti ? » Avec l’air de dire : « Comment une telle mère a-t-elle pu engendrer une fille aussi couillonne que celle-là ?!? »

Le plus insupportable, c’était le coiffeur : pour me laver les cheveux et faire mon brushing, le mec mettait trois heures dans les bons jours. Il n’arrêtait pas de gesticuler. De parler. Il me séchait une mèche et voilà qu’il allait répondre au téléphone. Il revenait. Il repartait parce qu’il y avait une voiture qui klaxonnait dehors. C’était reparti pour un tour. Et voilà qu’il allait peinturlurer les cheveux d’une autre cliente.

Bref, j’en pouvais plus ! Un jour j’ai craqué et juré que je ne mettrai plus jamais les pieds chez un coiffeur sauf cas d’urgence (mariage, entretien d’embauche, rendez-vous galant…)

Deux fois par an, je prenais un peigne, traçais une grande raie bien au milieu (surtout devant) et, munie d’une bonne paire de ciseaux, je coupais 5 bons centimètres dans le tas. L’opération prenait 5 minutes, plus le séchage à l’air libre au printemps, au séchoir en hiver.

Ca ne m’a pas manqué sauf que ça me va super bien d’avoir les cheveux raides. Un jour, par hasard, je suis tombée sur le hanout de « Sleh ».

Super : en 45 minutes chrono, j’étais shampouinée, coiffée, pas un mot, pas un commentaire. Rapidité, efficacité, silence !

Je suis devenue accro. Une fois par semaine, je file me faire raidir les tifs dans le petit salon de Notre-Dame (encore un  garage qui a trouvé sa vocation).

Aujourd’hui, par exemple, je me suis pointée chez lui à 9 heures. Pour la première fois en trois ans, j’ai dû attendre. Oh, … pas longtemps… mais j’ai quand même attendu un peu.

Pour ne pas perdre un temps précieux, je me suis postée devant la porte, juste devant la vitrine en vitre, et j’ai fait quelques téléphones.

Au bout d’un temps qui m’a paru suffisant, je suis retournée dans le hanout.

Ma coiffeuse avait fait passer une cliente qui était arrivée après moi. Je me suis avancée vers elles, je les ai regardé longuement…

-         Ca ne va pas de « la » faire passer avant moi ?

-         Ah mais… désolée, Absolute. On pensait que tu téléphonais…

-         Mais vous pensiez bien (connasse) ! J’étais au téléphone ! C’est une raison ça ? Vous ne pouviez pas venir me dire que c’était mon tour ?

-         Je vous avais dit qu’elle allait fait une histoire !... (donc, en plus, ils avaient tout combiné en sachant que j’allais gueuler et ils l’ont fait quand même : fidèles fans, don’t worry, ils en ont eu pour leur porte-monnaie)

-         Aya, samahna, ya Absolute. Ma3tich in3oudou (sérieux, c’est ce que la coiffeuse m’a dit: désolée, on ne recommencera plus)

Et la cliente d’y mettre du sien : « Vous savez, ya madame, je suis arrivée à 9 heures »

Et moi, après l’avoir regardée comme si elle ressemblait à du caca de dromadaire: « Tiens ! J’en ai rien à f... que tu sois arrivée à 9h.00. T’aurais pu arriver à 8h.45, ça aurait fait pareil : J’ETAIS LA AVANT »

CQFD
Voilà, j’étais super énervée. Ils ont gâché mes précieuses petites 45 minutes à moi toute seule où je m’occupe un peu de moi toute seule.

J’aime pas les 3rkette (disputes) chez le coiffeur (je vous rassure, c’était ma première).

J’aime pas les coiffeurs (et par extension…) !

PS : Pierre Desproges aussi hait les coiffeurs. Est-ce pour cela que j’aime Pierre Desproges ?

 

mardi, 09 mai 2006

Yeassssss!!

Vilains !

Personne ne m’a plus demandé de nouvelles des escrocs de Hammamet.

Ce n’est pas grave : je vais quand même vous en donner !

Alors, par où vais-je commencer ?

D’abord, pour ceux que ça inquiète, j’ai été malade pendant une semaine : 50 millions de milliards d’aller-retour à Hammamet, pointage aux postes de police de Hammamet ville, Oued Baten, et tutti quanti à chaque fois, des heures aux téléphones avec les escrocs en question, mon samsar, diverses connaissances, pas mangé, pas boire, fumé des paquets de light et les 20 mars pas light du samsar quand j’étais en panne de clopes, cherché (et enfin trouvé) aussi comme une dingue une autre maison, etc.

Bref, pour finir, deux jours après l’incident en question dont je vous cause plus bas, j’ai fait ni une ni deux : j’ai commandé un camion, y ait embarqué tous mes meubles (bon j’exagère mais presque tous), et j’ai tout descendu dans la maison objet du litige.

medium_chat02.2.jpgQuelle ne fut leur surprise !!!

Il fallait voir la tête de cette (mauvaise) graine d’escrocs. Ils ont rappliqué à trente avec avocat et huissier notaire mais trop tard (les connards) : j’avais pris pied dans la villa avec un peu plus que deux peintres et trois bidons de peinture.

Ils ont eu beau hurler, crier, amener leurs nanas pour créer un incident (du genre, elle insulte mon mari, mon mari lui répond, l’escroc se précipite pour laver l’honneur de sa pouf, on en vient aux mains, on finit tous au poste, c’est la merde) : pour rien.

C’était sans compter le calme olympien de mon homme, le sang-froid admirable de celle qui vous cause.

Nous nous sommes cassés. Eux étaient : casssssséééééééés à mort !

On a attendu une semaine.

Ils m’ont demandé de leur faire un décompte de mes frais comme condition de mon départ de la maison : je leur ai envoyé 1172 dinars dans les dents.

Ils ont essayé de négocier (300 dinars), pour bien me montrer que minables ils étaient, minables ils resteraient. J’ai refusé.

Ils ont raqué.

Today ! Un joli chèque qui ne paiera pas les heures où j’ai délaissé travail, famille et santé, mais c’est mieux que rien… J’aurai aimé que vous soyez là pour voir la tête des mecs. Jouissif : ils tremblaient de rage en me remettant l’argent.

PS : La maison que j’ai trouvée est à deux pas de chez eux, entièrement climatisée, neuve comme un sou... neuf avec des meubles, une machine à laver le linge, un joli jardin et un barbecue en pierre.

PS : Je me suis envoyé un super panini jambon-fromage au Canari pour fêter ça ! Zakouille la Fripouille et mon mari ont pris une bière dans le restau à côté. Il faisait beau sur la terrasse. C’était super.

mercredi, 03 mai 2006

Maman, tu rentres fissa à la maison !

Ma chère maman,

Tu nous manques beaucoup. J’espère que ton voyage à Aman se passe bien. Ici, tout va pour le mieux. Enfin, presque… Une des femmes de ménage s’est barrée mais heureusement ce n’est pas Melika (la cuisinière). Les trois petits sont malades (Lamia a ramené une bronchiolite de l’école, elle l’a refilée à Sofia qui s’est dépêchée de la défausser sur Mourad) et moi aussi (j’ai mangé un truc qui n’est pas passé). Résultats des courses, je suis restée coincée à la maison tout le week-end.

Foufou est passée avec son mari pour voir le match de samedi.

C’était horrible… Je parle du match, hein, bien sûr, pas de tata Foufou.

On avait tous envie de tordre le coup de Ben Achour et Bouazizi. Comme ils sont en Egypte, on attendra leur retour. Mais bon, ça m’a fait chaud au cœur de lire l’intense désespoir dans les yeux de De Santos à la fin de la mort subite. Après tout, il n’est pas tunisien. Ca veut dire qu’il nous aime bien. C’est sympa…

Bon, à part ça, j’ai un truc hyper important à te dire.

Tu sais, les deux instructeurs danois avec lesquels tu dois aller en Syrie la semaine prochaine pour apprendre aux douaniers syriens à reconnaître une peau de panthère d’une corne de rhinocéros (au fait, l’un des rhinocéros du zoo est mort, comme l’éléphant, et un hippopotame aussi, je ne te dis pas l’état du photographe de l’éléphant, tu sais le type qui a un pola et qui tire le portrait des passants avec notre éléphant, bich imout bil ghalba miskin et tous les enfants aussi)… Pour en revenir aux danois, ben tu laisses tomber stp. Ils sont devenus de véritables cibles vivantes parce qu’un mec (au Danemark), caricaturiste, qu’ils ne connaissent même pas, a fait un dessin (très moche, mais bon…) de notre prophète (saaws) avec une bombe sur la tête et tous ses copains, par solidarité/provocation/bêtise (?) on reproduit le même dessin (en citant la source quand même, les droits d’auteur sont saufs). Il y a même des journalistes très courageux qui ont dit que c’était juste pour montrer les pièces à conviction (sic), c’est dire si eux étaient convaincus... Puis d’autres ont encore fait d’autres dessins avec le prophète (saaws) en train de tailler une bavette avec Krishna et Jésus et d’autres copains sur un nuage. Si, si, c’est complètement surréaliste mais c’est comme ça.

Du coup, il y a une poignée d’allumés qui ont brûlé l’ambassade du Danemark en Syrie. Je ne sais pas comment ils ont fait: a3jouba, quand la police est arrivée, tout avait déjà cramé ! Tu te rends compte ! Les flics, je ne sais pas ce qu’ils faisaient ce jour-là. D’habitude, quand il y a une manif, ils sont là avant même que les manifestants n’arrivent…

Imagine la tête de la pauvre Ingerlise à Tunis. Heureusement, ici, c’est le calme plat. Les autres, ils vont encore nous traiter de lopettes mais on s’en fout !

Pour en revenir aux journaux, ils ont de la chance en Europe. Qatluni! Ils peuvent écrire et dessiner ce qu’ils veulent. Enfin presque. Pas sur les juifs (à cause de l’antisémitisme), ni sur le pape (pas le nouveau, l’autre, celui qui a fait tomber le mur de Berlin mais qui reniait le port du préservatif, paix à son âme).

Mais, à part ça, par contre, ils (les courageux journalistes européens) peuvent dire qu’une femme (ils en ont trouvé une, c’est génial non ?) a eu un problème (une complication, ils ont dit) avec un chirurgien esthétique en Tunisie alors qu’au Maroc, il n’y a jamais de problème. Quotlik yammi, le Maroc c’est top niveau!!!! Le couscous, c’est le meilleur. Les caftans, ce sont les plus beaux. La céramique, c’est la meilleure. L’adsl, c’est le meilleur. Les call centers, c’est les meilleurs. Les journaux, c’est les meilleurs. Et maintenant, t’as vu, ils l’ont dit sur A2, la chirurgie esthétique, c’est mieux que chez nous aussi. D’ailleurs, finalement, c’est là-bas que je vais aller me refaire les seins, chkoun yarrif ya sidi? Au moins, ça prouve que les journalistes d’Antenne 2 sont objectifs et qu’ils effectuent de vraies enquêtes sur le terrain. Saha lihom!

Du coup, je t’informe qu’on n’a plus le droit de manger de cookies ni de se balader avec des danois. Alors, stp, tu fais ce qu’on te demande et tu rentres fissa à Tunis où on produit du bon beurre bien tunisien (surtout le Vitalait, tu te rappelles, hein maman, c’est Nicolas, le directeur de Tetra Pack lui-même qui nous avait dit que c’était les seuls qui ne coupaient pas le lait) et des biscuits, certes moins bons, mais tout à fait mangeables.

Bon maman, prends soin de toi.

Bises. Ta fille qui t’aime.

PS : Si tu vas en Syrie avec les deux danois, je te jure sur ma vie que je quitte la maison avec les enfants et je ne plaisante pas (brass laoulèd… bjeh innibi saaws, ne fais pas ta maligne comme l’autre fois au Caire avec le chauffeur de taxi islamiste qui t’a engueulée parce que tu parlais français avec Nabil et que tu as menacé de dénoncer à la police. Oui, oui, Roberta m’a tout raconté et elle était morte de trouille dans le taxi. Tu es complètement inconsciente!!!!).

 

samedi, 29 avril 2006

Ici je suis chez moi, ici je suis le roi...

Ce blog a été créé il y une semaine. Et ça part déjà dans tous les sens. C’est ce que je craignais. C’est aussi pour cette raison que j’ai mis tant de temps à me décider. Je ne sais plus quoi répondre...

Dans la mesure où je fais mes premiers pas -ce que certains ont l'air d'oublier- dans la blogospère (désolée Infinity mais c'est encore comme cela qu'elle s'appelle), tawa walit inkhaf.

J'ai peur de dire quelque chose et que ça passe pour du forumage ou du tchatage. Et si je ne réponds pas aux commentaires, j’ai le sentiment de passer pour une impolie (c’était le cas les 1ers jours où j’étais complètement tétanisée et que je n’arrivai à répondre à personne, raison pour laquelle j’ai pondu « Le désert de Kobi »). Entre mon éducation, même si je dis "cul" et "connard" (au moins je les écris en entier) et ma méconnaissance de votre monde, ma raison et mon coeur balancent...

Quid?

Et bien rien, je fais comme je veux, comme je le sens. Et ceux qui aiment venir ici, aussi !

Ici je suis chez moi, ici je suis le roi...

C’est moi qui fixe les règles du jeu. Personne d’autre.

Je n'ai pas envie de suivre celles fixées par des années d'usage du Net: dans un forum on fait comme ci, dans un blog ça doit être comme ça…

Si je suis là, c'est justement pour échapper à toutes ces contraintes et ses règles, aux carcans sociaux, à la misère intellectuelle, à la noirceur, à la méchanceté. C’est aussi pour me faire des amis virtuels et qui le resteront. Des personnes à qui j'offre le meilleur de moi-même, à qui je livre des pans de ma vie, des histoires dont ils n’auraient jamais eu connaissance autrement !

Pour moi, en agissant de la sorte, chaque blogueur fait un cadeau inestimable aux autres.

Maintenant, on ne peut pas plaire à tout le monde (je ne suis pas la seule à le dire).

Par contre, je trouve inadmissible que les gens entrent ici sans frapper, se servent et alors qu’ils pourraient repartir comme ils sont venus, se permettent de déranger la maîtresse de maison et ses amis pour dire : « wallahi Absolute, on n’aime pas venir chez toi » ou me donner des leçons sur la façon dont j’éduque mes enfants : « j’espère que tu ne parles pas comme ça devant tes enfants »

Va voir ailleurs si j’y suis… ya ko3laf (au fait, c’est quoi ce surnom de Smirnof à la con). Fech tistana, raouah !

En résumé :

Ceux qui veulent venir, marhaba.

Les autres, ceux à qui ce blog ne plaît pas, tissbah ala khir... Brobi, a3fiouni, dégagez sans m’importuner, svp, et, en passant, posez votre verre à la cuisine !

 

vendredi, 28 avril 2006

Les chiens aboient… je trépasse !

La semaine dernière, je suis allée visiter la fameuse maison de Hammamet (cf. « Vous n'auriez pas un anti-émétique pour moi? »). J’arrive vers 9h.00 du matin, avec Zakouille la Fripouille. Ils sont très sympas… les proprios. Me font visiter la villa.
Waow… Super… Parfaite… etc.
Exactement ce qu’il faut. Mais vide : pas l’ombre d’une armoire, d’un lit, … et sale.
Ok, pas grave : on s’entend sur le prix de la location et on en vient aux petits détails : pour les meubles ? Et la peinture (à Hammamet, avant toute location d’été, ils vous passent la maison à la chaux). Là, ils prennent leur petit air que je connais par cœur : « C’est-à-dire qu’on a pas d’argent, et si vous pouviez peindre vous-mêmes, ce serait sympa, et amener vos propres meubles, et la vaseline avec… ? »
- « Ah, ben non : je ne vais vous repeindre la baraque ni faire un déménagement (je n’ai plus de vaseline dans ma pharmacie) ! »
- Alors, pourquoi ne loueriez-vous pas à l’année ?
- Ahhh !!! Ahh, Ahh, Ahh… ! Nimchi ma3koum…
Là, je tilte : « Mais oui Monsieur, c’est justement mon rêve de trouver une maison à l’année !» Ca tombe bien. Tout le monde est content. Le lendemain, je reviens avec ma mère (pour avoir sa bénédiction), mon mari (pour avoir son chèque) et mes enfants (pour qu’ils soient tout contents de voir la maison dénichée par Mamounette –hé oui, je ne m’appelle Absolute que dans l’intimité de ce blog-).

Re-visite de la maison : maman donne sa bénédiction, chéri donne le chèque (une avance sur trois mois de loyer), ils me filent la clé, on va se faire (pub) une pizza à l’Angolo verde (tururut) : voilà une affaire réglée.

A 15h.00, le fils du proprio m’appelle (yn3al bou el portablouat): « Brobi, ija li’taxiphone mta3i », qu’il me dit.

Ok, je vais le voir au taxiphone. Les gosses commencent à être fatigués. Ca hurle dans la voiture. On descend : « Voilà, c’est juste pour vous dire que mon père souhaite que vous laissiez le passage derrière la maison pour aller au puit ». OK. « Ah, et puis, il faut vous dire que la facture d’eau, on la paye à trois, mon frère, vous et moi ». OK mais pas en hiver. « Et puis, on a des chiens, ça ne vous dérange pas ? ». OK

-Ok

-Ok, à la semaine prochaine…

Hier soir, j’appelle ces connards. La bonne femme : « Pas de problème, on vous attend avec vos peintres »

Le lendemain, j’arrive de Tunis la voiture chargée des peintres, de la peinture, des rouleaux, bref de tout le matos… Je rentre dans la maison. On nettoie toute la villa. On commence à peindre.

Et voilà les frères Dalton qui se la ramènent : « Okhti, samahna ama iloualid bedil fikrtou 3ddar »

- ?!?

Je vous passe les détails : la mauvaise foi (on ne vous a jamais demandé de nous laisser le chèque de caution !), les mensonges (on a peur pour vos enfants à cause des chiens), les reproches (yakhi inti chbik itsara3t, machya tichri fiddohn ou jayba idahana… ! Hé, oui).

medium_chien.4.jpg

Chaque année, à Hammamet, il y des proprios qui essaient de me baiser et chaque année je me fais b…

Là, je suis allée directement chez les flics.

Il se trouve que c’est la deuxième fois ce mois-ci que je me fais virer de chez moi. Là, j’en ai ras la patate et, c’est fini, je ne vais plus me laisser faire.

Ils ont été supers, les flics. Des hommes, des vrais. Ce n’est pas le cas de tout le monde… Suivez mon regard. Ceux que j’ai appelés à Tunis n’ont pas bougé le petit doigt ! Enfin si, ils l’ont bougé mais dans tous les sens : 1. ils m’ont écoutée 2. ils se sont énervés contre le proprio qui est rentré chez moi (1ere infraction : violation de domicile) et m’a ramassé mes affaires 3. m’a insultée et menacée devant eux ! (2ème infraction). Puis ils sont entrés dans le bureau du mec en question. Et ils en sont ressortis sans me lancer un regard !

- Hou, hou, les gars, par ici, c’est moi, la plaignante… Vous vous souvenez…

Rien à f… Ils se sont barrés sans rien me dire.

Bref, à Hammamet, le commissaire ne fait ni une ni deux : Madame, vous avez les clés de la villa en question ?

Moi : Oui

- Vous êtes entrée dans la maison ?

Moi : Oui

- Vous avez commencé à peindre ?

Moi : Oui

- Alors bienvenue à Hammamet, vous êtes ici chez vous !

Moi : Heu, merci Monsieur le Commissaire… Bon, ben, au revoir alors…

Mais bon, j’ai du mal à respirer. Ils m’ont trop cassée… Je suis folle de rage, de peine (qu’est ce que je vais dire aux enfants), vidée de ma substance…

Qu’est-ce que je vais faire demain ? La guerre ?

POURQUOI LES GENS NE SAVENT PLUS CE QU’EST DONNER SA PAROLE ?

POURQUOI ESSAIENT-ILS TOUJOURS DE VOUS BAISER ?

… Connards !

Si au moins j’avais encore un peu de vaseline dans mes tiroirs…

lundi, 24 avril 2006

Sale Arab

Aujourd'hui, j'ai reçu la visite du petit frère de la sage-femme sur le blog (Arab). Il fallait s'y attendre. J'ai laissé la porte ouverte. Il n’a pas signé mais j’ai immédiatement démasqué l’importun grâce à son langage fleuri : kaskaslou, yrjaa laslou

J’espère qu’elle ne va pas envoyer ouled el houma ilkol (tous les mecs du quartier).

Je garde également précieusement ce commentaire: mes premières insultes, un moment magique de mes premiers pas de blogueuse...

Le petit service

Zakouille la Fripouille m’a demandé de lui rendre un petit service. Depuis plusieurs mois, il est harcelé par une sage-femme de l’hôpital militaire. Une cinglée qui le supplie de lui faire un gosse.

Petite parenthèse (j’adore faire ça) :

Deux précisions pour ceux qui n’auraient pas tout suivi :

1. Zakouille la Fripouille est mon futur meilleur ami

2. Il est célibataire (je vous dirai un autre jour pourquoi, c’est promis…)

Fin de la petite parenthèse.

Donc, nous sommes en route vers le cabinet de mon dentiste (ben oui, il arrive que Zakouille m’accompagne chez le dentiste mais c’est juste parce qu’on délire comme des fous même avant que je me fasse charcuter, voire pendant…) et Zakouille me dit : « Dis voir, Absolute (si, si, c’est mon vrai prénom), tu ne voudrais pas appeler la miss avec mon portable pour la faire un peu flipper. »

Moi, toujours prête pour les facéties, je saute pieds joints mais pas poings liés sur l’occasion de me faire une bonne grosse salope (pardon !!!).

« Ouais, ouais, génial !! », réponds-je enthousiasmée.

A voir ma réaction, Zakouille a quand même un peu les boules parce qu’il sait jusqu’où mon enthousiasme délirant peut me mener et il essaie un peu de freiner mes ardeurs. Un peu seulement parce qu’au fond, il adore mes excès. Le voilà donc qui me tend le téléphone : « qu’est-ce que tu vas lui dire ? », se soucie-t-il (un tout petit peu). « T’inquiètes, Zakouille, laisse moi faire ! ».

Bon, à partir de là, il faut un peu que vous fassiez travailler votre imagination (un peu). Je prends la voix la plus pétasse qui existe au monde, style brunette du Manar (je ne sais plus si ça s’écrit avec un « d » à la fin). Bon, on ne va pas chipoter des heures : style brunette du Nasr (pour le numéro, je vous laisse le choix), 22 ans, grosse poitrine, gros cul dans jean moulant taille basse avec les poignées d’amour qui dégoulinent de mal amour, cherche jeune homme de bonne famille, riche, beau et assez con pour m’épouser.

« Allooooou, chkoun fi téliphoun ? » (qui est à l’autre bout du fil, ou plutôt du réseau puisque j’appelle avec le portable de Z, ah oui, précision importante : je téléphone avec le mobile de Z, bien sûr), m’enquiers-je naïvement.

« Inti chkounik ? », réplique-t-elle (elle a raison la connasse, puisque c’est moi qui appelle en plus avec le téléphone de notre ami commun, je suis censée savoir qui j’appelle, CQFD)

« Ena il fiancée mtaa Zakouille » (je suis la fiancée de Z) et, voyant que j’ai à faire à du gros poisson, j’en remets une couche tout de suite : « on vient de se disputer et je lui ai pris son téléphone pour appeler les derniers appels qu’il a reçus. »

« Ey, ou chthib 3ndi ? » (que me veux-tu), s’inquiètes la fourreuse de doigts dans l’utérus des futures mères.

Je la déteste de plus en plus mais réalisant rapidement au ton de sa voix qu’elle est du genre coriace, j’attaque sur le registre agressif : « Inti, echthib 3nd Zakouille, louech totlob fih ? » (pourquoi appelle-tu Z).

« N3am, N3am, m’interrompt-elle. C’est lui qui me court après, ton mec ». Et, non contente de tenter subrepticement et au passage de foutre la merde entre nous, « en plus, takhrali fih », conclut-elle, réjouie de son effet de style.

Cela fait des années que je n’ai pas entendu cette expression qui signifie, en bon français : « tu peux toujours me chier à la raie du cul, j’en ai rien à f… ! » Je m’étrangle mais me ressaisis pour changer aussitôt de registre et, prenant un ton larmoyant : « J’en peux plus de toutes ces filles qui appellent mon Zakouille. On va se marier maintenant, il faut nous laisser tranquille. » Je fais semblant de pleurer et lui sort une longue tirade sur les mecs tunisiens, et c’est des salops, et pourquoi moi, et qu’est-ce que j’ai fais au Bon Dieu. Je hurle et je pleure au téléphone. Tant et si bien que, même Zakouille, que j’observe du coin de l’œil, s’inquiète.

Et la voilà qui me la joue : « ana bint halal (comme la viande du boucher de Belleville), tu peux le garder ton Zakouille, j’en ai rien à foutre de lui. Je te jure que je vais plus jamais l’appeler ».

« Tu me le jures ?!? », snif-snif-je (j’adore inventer des verbes aussi)…

« Ourass baba » (sur la tête de son père), jure-t-elle.

Triomphante, je tends à Zakouille son téléphone : « Voilà, une affaire réglée ».

Je ne sais de quelle cuisse elle est sortie, quel ventre l’a portée, quelle mère l’a élevée, quel oncle lui a touché le pipi quand elle était petite, quel maître de classe lui a frappé les doigts quand elle faisait couler de l’encre sur ses pages d’écolières…

Tout ce que je sais c’est que depuis que j’ai téléphoné à cette grosse salope, elle appelle Zakouille dix fois plus qu’avant, elle s’accroche comme une teigne, elle le veut encore plus son moufflard illégitime, son bâtard qui, à 15 ans, lui mettra le poing en plein milieu de sa gueule trop peinturlurée et la fera vaciller de vraie douleur dans sa cuisine qui pue les restes de odja.

La malheureuse briseuse de ménage à qui des femmes confient tous les jours leur ventre rond, les instants les plus magiques de leur vie, a le cœur aussi sale que ses mains lorsque ces dernières lui chient dessus en mettant au monde leur enfant.

Toutes les notes