jeudi, 13 mars 2008

Les diamants sont éternels

922640507.JPGMhamsa, Pizza, Pâtes sauce tomate + Dinde grillée. Voilà pour le menu de ce soir. J’étais épuisée. Hier nuit blanche à travailler sur un dossier. Les gosses hurlent. Les pâtes partent dans tous les sens. Mon petit plouc, Mourad, renverse du yogourt sur le carrelage. Sale époux essaie tant bien que mal de me calmer au téléphone : « J’arrive dans une demi-heure, essaie de tenir jusque là ». La grande tape inlassablement des pieds sous la table. Je donne un coup de pied à Nabil (ça fait 10 fois que je leur demande d’arrêter) qui hurle : « Arrête maman, c’est pas moi ». Je me confonds en excuses. La pizza est piquante : « Maman on arrive pas à manger, c’est trop piquant ». (Meeeeeeeeeeeeerde !!!!) « C’est pas grave les enfants, il y a de la dinde et des pâtes ». « Mais moi maman j’ai mal au ventre. Papy m’a donné des biscuits au bureau… ». Je suis déjà ailleurs : « Nabiiiiiiiiil, tu as vu la taille de tes ongles. T’as plus qu’à passer une couche de vernis. Mais ça ne va pas non ?!? Ca fait 4 jours que je te demande de le faire ». Ca y est, je pète un câble : « Wou’Allah, si demain matin ils ne sont pas coupés, je te fais une tête au carré. Tu vas regretter d’être né. »

« Eh, Oh, elle est où la p’tite. Sofiaaaaa ! Sofiaaaaaaaaaa ! Nabil, va chercher tout de suite Sofia et dis lui que si elle ne revient pas de suite se remettre à table, ça ira mal pour ses fesses ! »

La petite revient, innocemment dépitée : « Mais kes ki ya maman ? »

Je la fusille du regard : « J’ai dit un million de milliards de fois qu’on ne quitte paaaaaaaas la table sauf quand maman dit que tout le monde peut aller se laver les mains. »

- mais, j’ai pas quitté la table, m’man (j’adore quand elle dit m’man), j’ai re-gar-dé la té-lé. Elle pèse bien sur les syllabes pour me faire comprendre que je suis un peu demeurée de ne pas avoir percuté la nuance tout de suite…

La porte sonne. MON SAUVEUR !

Je vais lui passer le relais et me casser pour me reposer un peu dans ma chambre.

« Salut ma chérie ! » Il pose son cartable. « Ca va les enfants ? ». L’atmosphère est électrique.

« Tiens, choisis ce que tu veux, je te l’achète ! » Il me tend le catalogue Armani Printemps Eté 2008.

J’en reviens pas (c’est pas du tout son genre).

Là, dans la cuisine ?

Je feuillette la brochure : « Alors ? »

« C’est magnifique mais trop nu. In-mettable à Tunis »

« La, mala mouch lezim » (il est hyper réactif)

Bon… Je suis décue mais déjà plus calme que précédemment.

Il doit le sentir puisqu’il me sourit en me tendant un beau sac noir griffée Armani. J’ouvre. Un crime.

Entre les restes de fusilli aux tomates, le qchour des oranges, les miettes de pain, le yogourt renversé (aussi sur la table), etc.

Je suis sur le toit du monde. Je suis nue mais je n’ai pas froid. Il sort d’une grotte triomphant en me tendant cette pierre qui brille comme une étoile. Si fort, que j’en ferme les yeux. Diamonds. Le dernier bijou parfumé Armani.

Délicieux dessert…

vendredi, 23 juin 2006

Ciel, mon mari !

Avant-hier soir, j’étais assise exactement dans la même position que maintenant. C’était juste deux jours après l’anniversaire de « sale époux » (pour ne pas vous embrouiller, je précise que « sale époux » et Mimi fêtent leur anniversaire à 24 h. d’intervalle) qui était en vadrouille en Allemagne avec d’autres fous de foot.

Je voulais écrire un texte qui commençait par :

« Salop ! »

et qui devait finir par quelque chose du genre :

« Tu me manques amoureusement »

Surtout le soir, quand tu n’es pas là pour m’aider à doucher les petits, à donner les biberons des deux derniers, à prendre Mourad parce qu’il pleure pour un dernier rototo pendant que Sofia supplie inlassablement, depuis son petit lit : « maman, maman, maman… » même si je hurle de l’autre côté de la maison que : « ouiiiiiiiiiiiiiii, j’arrive ma chérie !!! »

Surtout le soir quand, après avoir couché tout ce beau monde, posé un coca bien glacé sur la table de nuit, mon paquet de clopes, le briquet (que j’ai mis 10 minutes à trouver au fond de mon sac), que j’ai mis mon portable à charger non sans avoir coupé la sonnerie, que j’ai enfin posé mon cul sur le lit et attrapé la télécommande, que je viens d’allumer ma clope, et que Lamia pointe le bout de son nez à la porte en disant : « maman, y’a Sofia qui arrête pas de chanter, j’arrive pas à dormir » et qu’alors que je n’ai même pas eu le temps de lui répondre, voilà Nabil qui se la radine aussi et qui me dis : « maman, y’a un truc qui me fait mal dans le dos, est-ce que tu peux regarder et après venir me couvrir et j’aimerais bien un verre de lait » et Lamia qui en rajoute une couche : « moi aussi maman, j’aimerais bien un verre de lait avec une cuillère de miel et une cuillère de sucre (ça fait trois ans que je lui fais croire que je mets les deux mais en fait je ne mets que du miel) »

Surtout la nuit, quand je dors, et qu’ils me réveillent chacun à leur tour et que je me recouche, et me rendors et me réveille, et me recouche et me rendors et me réveille… alors que, d’habitude, une fois sur deux, je fais semblant de dormir et c'est toi qui tu te réveilles aussi pour aller les voir.

Surtout la nuit, quand Lamia vient pleurer dans mon lit que tu lui manques et que nous unissons le vide que tu as laissé et que nous sommes là, tes deux femmes, à souffrir de ton absence.

Bref, j’allais écrire tout ça lorsque la porte du bureau s’est ouverte. J’ai senti une ombre traverser la pièce. J’ai immédiatement su que c’était lui. Pourtant, je le partage avec du monde ce bureau !medium_lebaiser.JPG

J’ai immédiatement su que c’était toi et j’ai levé les mains juste à temps pour cueillir ton visage qui se penchait sur le mien. J’ai attrapé ta tête qui est venue se loger entre mes doigts. Je t’ai serré fort. Toi aussi. Tu as serré tes doigts sur les miens. On ne s’est pas parlé. Nos cœurs battaient à tout rompre. Nous avions du mal à ne pas pleurer. Tes yeux brillaient, les miens aussi. Alors, on s’est mis à rire comme des fous. Des fous d’amour.

Le vide s’est instantanément comblé.

Et, le soir, je me suis barrée en te laissant les enfants. Ca t'apprendra à rentrer trois jours plus tôt que prévu...

Je t’aime, chéri ;-)

mercredi, 10 mai 2006

Le visum

Ca y est…

Il a eu son visum pour l’Allemagne.

medium_visa.2.jpg

C’est moi-même qui l’ait accompagné à l’ambassade et qui suis ensuite aller récupérer le précieux sésame.

C’est aussi moi qui suis allée effectuer les formalités auprès de l’assurance.

C’est aussi moi qui, il y a environ 2 ou 3 mois, lui ai obtenu les billets.

J’ai fait tout ça avec une boule en plein milieu de ce qui me sert habituellement d’instrument de digestion.

Le 11 ou le 12 juin, il partira avec sa bande de joyeux lurons assister aux trois matchs de qualification.

Il se baladera entre Heidelberg et Munich. Avec ses copains. Sans moi.

Ils vont boire de la bière (des litres), rigoler (des tonnes), faire des blagues salaces (beurk !).

Se rincer les yeux en regardant les grosses allemandes (je ne parle pas des Mercedes).

Et si elles n’étaient pas si grosses que ça ?

J’ai les boules. Je ne peux pas m’en empêcher même si je lui montre rien.

Heureusement, Zakouille la fripouille sera là. Il n’a pas pu partir faute de sous.

Et vous aussi, vous serez là.

PS : Je lui ai fait signer un papier. En échange de son voyage de potaches, il s’engage à prendre 15 jours de vacances cet été. Que lui, moi et les enfants… C’est toujours ça de gagné sur l’ennemi !