lundi, 26 juin 2006

Absolute au pays des merveilles

J’ai ouvert une porte. Aujourd’hui, j’ai ouvert une porte avec la petite clé et elle n’est pas tombée. Je ne l’ai pas tâchée du sang impur des cadavres jonchant l’espace à moi découvert. Barbe Bleue n’est pas venu me menacer. Anne, ma sœur Anne, ils n’ont rien vu venir.

medium_alice01.jpgPour la simple raison que je n’ai pas crocheté une porte qui donnait sur une pièce sombre et confinée mais une porte qui s’ouvrait sur l’infini et la lumière.

Petite porte cachée, je t’ai cherchée partout. J’ai bu l’élixir d’Alice, celui qui rend toute petite, et je me suis mise à ta taille. Mais je n’ai pas pu t’ouvrir car je n’avais pas la clé posée sur la grande table, tout là haut. Alors j’ai dû manger le biscuit qui fait grandir et je suis devenue plus haute que la table, plus haut, plus haut, encore plus haut.

J’ai quitté le bas où mes ailes de géantes m’empêchaient de marcher. Et j’ai volé la clé. J’ai rebu de l’élixir qui rend toute petite et je me suis faite petite. Si petite, que je suis devenue invisible. Si invisible, que j’ai brisé mes chaînes. Je suis enfin libre. Libre de circuler dans la jungle sans que les fauves sentent ma présence.

Je suis entrée sous le tunnel. J’avais un peu peur. Je frémissais doucement comme un peu avant la fièvre.medium_alice02.jpg

Libre, libre, je suis libre d’aller où je veux. De lire, de savoir, de connaître, de comparer, d’entendre, d’écouter, de toucher, de sentir, de papillonner, de butiner… Je me suis souhaité un « joyeux non anniversaire ».

J’ai vu les fleurs qui parlent. J’ai vu les cartes se battrent. La reine de cœur et ses valets. Le roi de pique qui pique mon cœur. Le lapin en retard d’une vie. Les vies volées. Les voix voilées. Les voies coupées.

Que jamais je ne me réveille.

Que jamais le roi et la reine n’ordonnent : « Qu’on lui coupe la tête ! »

vendredi, 12 mai 2006

Ultimate fight : Coiffeuse vs. Femme de ménage

40 : C’est le nombre de commentaires qui ont suivi mon dernier post « La femme de ménage ». Et ce n’est peut-être pas fini !

Contre 6 (dont 2 de moi) pour mon post « Je déteste les coiffeurs ».

Contre aussi toute attente.

Je me pose des questions. Légitimes…

Et j’essaie de trouver les réponses.

Hypothèse, thèse, synthèse, Bartez :

1)

Mon post sur les coiffeuses est passé inaperçu. J’ai du le poster à un mauvais moment. Il y a tout plein de blogueurs qui ont posté sur tn-blogs. Personne ne l’a vu passer (hum !...)

2)

L’une de ces deux professions attise moins les passions que l’autre. Ce n’est pourtant pas ce qui m’avait semblé mais j’ai le droit de me tromper. (hum !...)

3)

Y a-t-il une coiffeuse dans la salle ?

4)

Hummmm !...

 

Au fond, peu importe. En ce qui me concerne, je déteste encore plus que les coiffeuses ces femmes de ménages qui enchaînent ma destinée à leurs sautes d’humeur. Cependant, si je devais choisir entre ma femme de ménage et ma coiffeuse, y’a pas photo, je rase la coiffeuse (comme on faisait aux collabo-ratrices- à la fin de l’occupation) et je me coupe les cheveux en quatre pour ma femme de ménage, famachi tirdha alaya (en bon français, en espérant sa bénédiction).

En plus, grâce à ce post, j’ai connu Seb avec qui je me suis soûlée la gueule une partie de la journée.

vendredi, 21 avril 2006

Le désert de Kobi

J’ai soudain la sensation d’avoir longtemps tourné dans le désert sans voir les mains qui se tendaient. Sans espoir de trouver enfin l’oasis à l’ombre de laquelle je pourrai me reposer, où d’autres s’occuperaient un peu de moi.

J’ai le vague souvenir de m’être affaissée, perdue à jamais dans ma profonde obscurité, les larmes à mes yeux clos.

Et voilà que des êtres s'avancent auprès de mon corps étendu.

Un à un. Ils viennent me regarder. Me tendre la main pour me relever.

Repartent après s’être assurés que je respirai encore.

Je les sens autour de moi, leur souffle chaud… Je n’ose pas encore ouvrir les yeux.

Mais je me redresse lentement et m’envole. Ils sont là, derrière. L’armée des morts-vivants qui me suivent jusqu’au fond des ténèbres virtuelles de mon enfer, à la frontière de mon paradis retrouvé.

Bancal

Hier soir, j’étais invitée au vernissage d’une expo photo. « Lumières de Tunisie ». Parc du Belvédère. J’ai rencontré plusieurs personnes intéressantes : le nouvel ambassadeur du Maroc, Nja Mahdaoui, Zoubeir Turki… J’ai voulu prendre des photos.

Merde : j’ai oublié les piles dans le chargeur à la maison.

Tant pis.

Je me ferai photographier avec les dinosaures une autre fois.

20h. : Il est temps de rentrer.

Direction la sortie.

Il y le feu dans le Parc.

Juste en face de moi, un immense brasier qui illumine les chiens et les loups.

Les pompiers ne sont pas encore là.

Les badauds se tiennent loin du feu.

Je cours chercher l’appareil photo de l’un des invités, me précipite vers ce que je crois être un incendie de forêt.

En fait, il y juste un arbre qui flambe. Et le banc qui était dessous.

Que de culs a-t-il dû supporter dans sa pauvre vie de banc public…

Et le voilà ne luttant même pas contre les flammes, affrontant stoïquement l’ardent assaut, subissant sans broncher sa pénible combustion.

C’est la première fois de ma vie que j’assiste au suicide d’un banc…